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08 août 2018

Stéphane Quintin - squintin@lexismedia.ca

Ottawa fournira 163 M$ à Québec pour les ports de Matane, Rimouski, Gaspé et Gros-Cacouna

©Photo L’Avantage gaspésien – Stéphane Quintin

À l’occasion d’une conférence de presse organisée mercredi matin au port de Matane, le gouvernement fédéral a annoncé le transfert, d’ici au 30 mars 2020, de quatre installations portuaires au gouvernement du Québec : Matane, Rimouski, Gaspé et Gros-Cacouna, une cession qui s’accompagne de 163 M$ pour la mise à niveau des infrastructures.

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard, le ministre des Transports canadien Marc Garneau, son homologue québécois délégué aux Affaires maritimes Jean D’Amour, ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, le député fédéral Rémi Massé, le maire de Matane Jérôme Landry et le porte-parole de la Coalition urgence port de Matane, Jean Langelier, directeur du FIDEL (fonds d’innovation et de développement économique local) de la Matanie, étaient réunis au port de Matane mercredi matin pour annoncer les détails de la cession de quatre ports fédéraux à l’échelon provincial, une annonce attendue depuis plusieurs années tant l’état de désuétude de ces infrastructures inquiétait les milieux économiques.

©Photo L’Avantage gaspésien – Stéphane Quintin

D’après les termes de l’entente conclue entre les gouvernements du Québec et du Canada, ce dernier fournira la somme de 163 M$ pour la cession de ces quatre ports, comprenant une subvention de 148,8 M$ à verser à la province pour soutenir leurs coûts futurs d’exploitation et d’entretien. Le solde représente les investissements qui devront être réalisés par Transports Canada avant le transfert, prévu le 30 mars 2020. En plus des quais commerciaux, le transfert comprend des bâtiments et aires d’entreposage, des brise-lames aux ports de Matane et de Gros-Cacouna ainsi qu’un quai éperon au port de Rimouski.

©Photo L’Avantage gaspésien – Stéphane Quintin

Près de 750 emplois dépendent du port de Matane.

Un montant suffisant pour leur mise à niveau?    

Alors que l’état de délabrement du port de Matane avait poussé à la création, l’année dernière, de la Coalition urgence port de Matane, regroupant des élus municipaux, des gens d’affaires et des organismes socio-économiques inquiets de sa dégradation avancée, dont une étude révélait qu’il arriverait bientôt à la fin de sa vie utile, le montant de la somme accordée par Ottawa au gouvernement québécois dans le cadre de cette cession était l’un des principaux enjeux du dossier.

©Photo L’Avantage gaspésien – Stéphane Quintin

« C’est nous qui allons faire la gestion des travaux, mais sur la somme du gouvernement fédéral. C’est ce qu’on voulait en définitive. C’est le résultat qui compte et le résultat, aujourd’hui, c’est que le Québec dispose de quatre, et espérons cinq, lorsqu’on aura terminé les conversations avec Baie-Comeau, actifs extraordinairement stratégiques pour le développement économique », a déclaré le premier ministre du Québec en affirmant qu’il se sentait bien armé en termes de capitaux à l’issue des négociations entreprises avec le gouvernement canadien. Selon lui, les différentes sommes allouées à chacun des ports ne seront pas tout de suite connues afin de « veiller à l’intégrité du processus d’appel d’offres ».

Des travaux plus tôt à Matane ?   

Le ministre québécois Jean D’Amour, qui a rappelé que les négociations entre les deux partenaires avaient débuté en 2017, a souligné que la compensation financière totale du gouvernement canadien comprenait notamment la réalisation de certains travaux avant le transfert de ces installations. « En ce qui concerne plus spécifiquement Matane, l’engagement du gouvernement du Québec est d’autant plus nécessaire et urgent que le quai commercial approche de la fin de sa vie utile et que ses usagers souffrent déjà de contraintes opérationnelles imposées pour des raisons de sécurité. Ainsi, dès les prochaines semaines, les travaux de planification liés au projet de reconstruction du quai commercial de Matane seront entrepris sous la responsabilité du ministère des Transports du Québec », a mentionné M. D’Amour. Concernant un calendrier plus précis de ces travaux, le ministre a expliqué que des dispositions avaient été prises pour aller en appel d’offres dès les prochaines semaines, pour être en mesure d’en définir les plans le plus tôt possible.

©Photo L’Avantage gaspésien – Stéphane Quintin

La capacité portante réduite du port de Matane freine le développement industriel de la région.

Rémi Massé ravi mais Pascal Bérubé très critique   

Pour le député fédéral Rémi Massé, qui « attendait cette journée-là depuis trois ans », la nouvelle du jour devrait inciter les entrepreneurs de la région à saisir plusieurs opportunités. « Partagez cette annonce-là pour pouvoir assurer le développement de vos entreprises et de vos industries », a-t-il demandé aux gens d’affaires en rappelant que les traités de libre-échange récemment signés rapprochaient considérablement l’Europe de Matane.

©Photo L’Avantage gaspésien – Stéphane Quintin

Son enthousiasme était partagé par Jérôme Landry, qui a rappelé à quel point il était « évident que le port de Matane devait retrouver ses lettres de noblesse au niveau du maritime ». Il a rappelé aussi les constats de la Coalition urgence port de Matane, ayant montré l’épée de Damoclès que représentait la réfection de ces infrastructures pour la consolidation d’environ 750 emplois et le développement industriel de la région. « Aujourd’hui, nous avons franchi une étape extrêmement importante. La prochaine sera le développement industriel grâce au souffle majeur que va nous apporter la réalisation des travaux », s’est-il réjoui en mentionnant que le port de Matane avait vu sa capacité portante diminuer de moitié en raison de sa vétusté, alors que les bateaux accostant sur place étaient, selon lui, toujours plus gros, avec du matériel plus lourd à transporter.

©Photo L’Avantage gaspésien – Stéphane Quintin

L’annonce d’aujourd’hui va à l’encontre de la volonté unanime des députés de l’Assemblée nationale. -Pascal Bérubé

Pour sa part, le député péquiste Pascal Bérubé a qualifié l’événement d’« annonce électorale » et a rappelé que la décision n’était pas conforme à la volonté des députés québécois, qui avaient adopté à l’unanimité, en février, une motion exigeant d’Ottawa la mise à niveau des infrastructures avant leur transfert. « Depuis des décennies, le gouvernement fédéral néglige d’investir dans des ports comme le nôtre. L’annonce d’aujourd’hui va à l’encontre de la volonté unanime des députés de l’Assemblée nationale. J’aurais plutôt eu besoin de voir l’annonce de travaux très concrets pour consolider les 750 emplois qui sont liés au port et pour lesquels je me suis battu. On n’a pas été capables de nous préciser combien d’argent serait investi dans le port de Matane. Si on avait eu tous les détails, on nous les aurait déjà donnés aujourd’hui mais ça n’est pas ce qu’on a eu ce matin », a-t-il déploré en avouant être resté sur sa faim.

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