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Le président de l'Assemblée nationale se voit forcé de revoir ses pratiques


Publié le 3 mai 2018

Jacques Chagnon est le président de l'Assemblée nationale.

©Photo TC Media / Marie-Eve Veillette

Pour une rare fois, les partis politiques ont attaqué de front le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, en commission parlementaire.

M. Chagnon a dû répondre pendant deux heures, jeudi, aux questions des whips de chaque parti, qui exigent plus de transparence de sa part.

Ils veulent notamment que le détail des dépenses effectuées dans le cadre de missions interparlementaires soit rendu public.

Ces missions sont une occasion pour le président et certains députés de voyager partout à travers le monde afin d'échanger avec d'autres élus sur divers enjeux tels que la culture, l'éducation et la place des femmes en politique.

Jeudi, M. Chagnon a défendu l'utilité et l'importance des missions, avant d'accepter de revoir certaines pratiques. La question sera abordée à la prochaine réunion du Bureau de l'Assemblée nationale, a-t-il promis.

Le whip du Parti québécois (PQ), Sylvain Gaudreault, s'est dit «troublé» par les articles de presse parus récemment, qui titraient «L'Assemblée nationale: cancre de la transparence», «Aura de mystère autour des dépenses à l'Assemblée nationale» ou encore «Des allocations de logement entourées de secret».

«Ce n'est pas le genre de manchettes qu'on aime voir pour l'Assemblée nationale», a-t-il déclaré.

Il a demandé à ce que les dépenses liées aux missions à l'étranger (prix des billets d'avion, indemnités quotidiennes, etc.) soient ventilées très rapidement.

Le député de Jonquière a également demandé à ce que l'Assemblée nationale «ouvre une discussion» pour lever le voile sur les frais de logement, les frais de fonctionnement des bureaux de circonscription et les allocations annuelles de dépenses.   

M. Gaudreault a bénéficié, jeudi, de l'appui indéfectible des whips du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec (CAQ), ainsi que du député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois. Ensemble, ils ont convenu qu'il est primordial que les électeurs québécois gardent confiance en leurs institutions.

Caroline Plante, La Presse canadienne