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Une erreur de pilotage à l'origine de l'incident de l'avion-ambulance à l'aéroport de Sainte-Anne-des-Monts


Publié le 8 mai 2018

L'aéronef Dash-8-315 est le seul appareil de transport de patients capable d'atterrir à l'aéroport de Sainte-Anne-des-Monts.

©Photo TC Media - Dominique Fortier

Le rapport d'enquête sur l'incident qui a provoqué la crevaison des quatre pneus de l'aéronef Dash-8-315 le 12 octobre dernier à l'aéroport de Sainte-Anne-des-Monts révèle qu'une erreur de pilotage serait en cause.

L'aéronef gouvernemental qui sert au transport des patients entre centres hospitaliers avait onze passagers à bord dont trois membres d'équipage. Le 12 octobre, l'aéronef effectuait un vol à partir des Îles-de-la-Madeleine pour s'arrêter à Sainte-Anne-des-Monts. C'est lors de l'atterrissage que les quatre pneus de l'avion ont éclaté. Aucun passager n'avait été blessé au cours de la manœuvre. Les patients avaient été transportés à l'hôpital des Monts en attendant la réparation de l'aéronef.

L'enquêteur Alex Taillefer confirme que la formation de l'équipage était adéquate et à jour. Ainsi, le commandant de bord et son équipe étaient pleinement qualifiés pour effectuer ce type de vol. Toutefois, le personnel qui pilote ces avions de transport sanitaire possèdent la double compétence, c'est-à-dire qu'ils sont formés pour piloter deux types d'avions, soit l'aéronef Dash-8-315 et le Challenger. Cette situation est la norme depuis maintenant 20 ans.

Or, l'hypothèse retenue par l'enquêteur Alex Taillefer pour expliquer l'incident est que le commandant de bord aurait piloté de l'aéronef ayant en tête des réflexes de pilotage de Challenger. En termes plus techniques, le commandant aurait actionné le frein de stationnement en tentant de déployer les déporteurs de vol, ce qui aurait provoqué l'éclatement de quatre pneus.  Il s'agissait du tout premier incident à survenir en 17 ans où la double compétence du pilote est remise en cause.

Selon le rapport d'enquête, cette double compétence est connue du Servie aérien gouvernemental et n'est pas considérée comme un facteur négatif. Avant le 12 octobre dernier, aucun incident lié à la double compétence n'avait été déclaré en plus de 65 000 atterrissages.

L'enquêteur conclut donc qu'il s'agit d'un événement isolé et n'émettra pas de recommandations additionnelles. Il termine toutefois son rapport en affirmant que la seule façon de réduire ce risque d'incident à 100 % est de cesser entièrement la double compétence chez les pilotes du Service aérien gouvernemental.