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04 mai 2022

Dominique Fortier - dfortier@lexismedia.ca

Ours polaire abattu à Madeleine: les deux côtés de la médaille

FAUNE EN LIBERTÉ

MFFP

©Photo Gracieuseté - MFFP

L'intervention s'est conclue par l'abattage de l'ours polaire qui se trouvait aux abords de la route 132 à Rivière-Madeleine.

Était-il inévitable que l'ours polaire qui s'est aventuré à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine soit abattu? On a posé la question à un professeur en sciences biologiques de l'Université de l'Alberta. Le ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs (MFFP) a également fourni des explications supplémentaires.

Le MFFP a répondu au tollé de critiques véhiculées sur le web et a tenu à répondre à la question qui revenait le plus souvent, c'est-à-dire: aurions-nous pu endormir et déplacer l'animal? À cette interrogation le Ministère a tenu à rappeler que la décision d'abattre l'ours n'a pas été faite de gaieté de cœur. De plus, la préoccupation principale des équipes en place à Madeleine était la protection du public et la sécurité des agents déployés sur le terrain.

Le MFFP affirme que la possibilité de déplacer l'ours blanc a été effectivement considérée, mais qu'on a finalement jugé que l'opération aurait été trop périlleuse. « Elle comportait des risques pour la sécurité publique et pour les équipes déployées, notamment si les doses pour endormir l’animal n’étaient pas convenablement estimées.  De plus, le déplacement de cet animal, l’un des plus gros carnivores terrestres, s’avère particulièrement risqué en raison de sa taille et de sa grosseur. En effet, un mâle peut mesurer jusqu'à deux ou trois mètres et peser jusqu'à 800 kilogrammes. »

Un autre son de cloche

De son côté, le professeur titulaire d'un doctorat en sciences biologiques de l'Université de l'Alberta, Andrew Derocher, estime, au contraire, qu'il aurait été possible de déplacer l'ours polaire, tout en affirmant que ce n'aurait pas été une mince tâche. « La capture et la manutention des ours est une compétence qui existe chez la plupart des agences de la faune canadienne. Qu'il s'agisse d'ours noirs ou d'ours polaires, le processus n'est pas si différent. Ce que les équipes sur le terrain devaient évaluer était le risque pour le public. Ils ont tendance à être très conservateurs lorsque la vie des gens peut être en jeu. »

Or, à la question: est-ce que l'animal aurait pu être endormi et relocalisé, Andrew Derocher répond à l'affirmative. Il cite le Manitoba qui le fait plus d'une dizaine de fois par année avec des ours dans le secteur de Churchill. Il apporte toutefois la nuance que les agents de ce secteur ont les compétences, et surtout l'habitude, pour capturer, manipuler et transporter un carnivore de la taille d'un ours polaire. « Il y a des méthodes très spécifiques au transport de gros mammifères, de l'équipement de capture, une cage suffisamment spacieuse et un avion adapté. Il ne faut pas non plus négliger qu'il faut prévoir que l'animal sera tenu en captivité pendant plusieurs heures, voire même plusieurs jours pour le ramener dans son habitat naturel. Il ne faut pas négliger non plus le caractère imprévisible de l'ours polaire. »

En résumé, Andrew Derocher est d'avis qu'une relocalisation aurait été possible, mais clairement plus risquée et plus complexe que ce que croient plusieurs personnes.

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