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30 août 2021

Dominique Fortier - dfortier@lexismedia.ca

Un laboratoire de recherche sur les changements climatiques dans le Parc national de la Gaspésie

STATION D'ÉTUDES EN MONTAGNE

Station d'études Mont-Albert

©Photo Gracieuseté

Le professeur Thomas Buffin-Bélanger, le préfet de la MRC de La Haute-Gaspésie, Allen Cormier, la directrice générale adjointe, parcs nationaux et campings de la Sépaq, Claire Ducharme, le professeur Martin Hugues St-Laurent, le directeur du Parc national de la Gaspésie, le doyen à la recherche de l’UQAR, Luciano Buono et le professeur Luc Sirois.

L'Université du Québec à Rimouski (UQAR) a inauguré la station d'études montagnardes des Chic-Chocs, une infrastructure aménagée à même le Mont-Albert dans le Parc national de la Gaspésie afin d'étudier les changements climatiques et ses effets sur la biodiversité.

Le grand manitou de cette initiative, le professeur Luc Sirois, admet que ce projet est souhaité et rêvé depuis une quarantaine d'années. C'est toutefois dans la dernière décennie que l'idée a davantage fait son chemin et que des partenariats se sont tissés entre l'UQAR et la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ).

Le choix des Chic-Chocs pour implanter cette station d'études n'est pas anodin. Selon Luc Sirois, l'endroit offre des conditions et des particularités qui ne sont connues que par une minorité de scientifiques à travers le monde. « Le développement des connaissances qui peut être fait ici sur le fonctionnement et la structure de la nature sauvage est exceptionnel. Tous les types d'environnement, de la forêt décidue à la toundra y sont présents. On peut donc faire une multitude d'études comparatives sur la réaction des différents organismes par rapport au gradient de température. C'est de la recherche de fond sur la réponse des écosystèmes aux changements climatiques, non pas sur le temps, mais de bas en haut. »

Pour Luc Sirois, cette station de recherche représente le plus important laboratoire de recherche environnemental à ciel ouvert au Québec et possiblement à l'Est du Canada. Il compare d'ailleurs les lieux aux Îles Galapagos pour sa diversité et son potentiel de recherche et d'apprentissages. Il mentionne notamment un saule unique sur la planète qui est présent seulement dans les Chic-Chocs.

En fonction depuis quelques mois, cette station est au service de la communauté scientifique. Ainsi, les chercheurs qui auront besoin de données provenant de ces écosystèmes et de cet environnement pourront accéder au laboratoire. « D'une part, il y a de l'instrumentation de déployée sur le terrain visant à faire le suivi des conditions climatiques le long du gradient d'altitude, autant le pluviosité, l'enneigement que les périodes d'ensoleillement. Il y a aussi des appareils pour mesurer l'écoulement des eaux, du haut de la montagne jusque dans les rivières », ajoute Luc Sirois.

Afin de bien illustrer l'avantage d'avoir une station dans les Chic-Chocs, Luc Sirois explique que des études similaires seraient logistiquement beaucoup plus complexes si des chercheurs devaient cueillir des données dans les véritables environnements climatiques différents, situés aux quatre coins du Québec, par exemple de la Gaspésie jusque dans les terres nordiques de la province.

Raisonnablement, les premiers résultats publiés depuis la création de la station devraient l'être d'ici un an et demi. « On pourra alors répondre à des questions d'enjeux scientifiques qui ont été posées aussi loin que le début du 20e siècle. D'ailleurs, le botaniste américain de l'Université Harvard, Merritt Lyndon Fernald, s'est intéressé à cette biodiversité dans les Chic-Chocs de 1903 à 1926. Il y a découvert le potentiel d'unicité de l'endroit. Ses théories ont marqué un énorme progrès dans la compréhension de la migration des plantes. »

Si le caribou est devenu emblématique du Parc national de la Gaspésie pour son caractère unique, c'est aussi vrai pour une dizaine d'espèces. « Sauf que c'est méconnu puisqu'on parle d'un papillon brun très banal ou d'une petite plante. C'est juste que c'est moins charismatique qu'un caribou, mais leur présence signifie quelque chose sur le plan scientifique et c'est en plein là-dedans que nous travaillons », conclut le professeur Sirois.

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