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05 juin 2021

Dominique Fortier - dfortier@lexismedia.ca

La venue d'un quatrième CPE suscite un sentiment d'injustice chez les Mini Explorateurs de Matane

PLACES EN GARDERIE

Mini Explos

©Photo Gracieuseté - L'Avantage Gaspésien

Les Mini Explorateurs seraient situés à quelques mètres à peine du nouveau CPE.

La garderie privée non-subventionnée Les Mini Explorateurs de Matane estime que le ministère de la Famille fait preuve de concurrence déloyale en s'installant à quelques mètres à peine de son établissement.

Plusieurs problèmes sont soulevées par la direction des Mini Explorateurs quant à l'emplacement choisi pour le quatrième CPE à commencer par la concurrence qui risque de s'installer parmi les éducatrices. Avec la pénurie de main-d'œuvre qui sévit actuellement, on craint que les conditions de travail beaucoup plus avantageuses qui viennent avec un emploi gouvernemental inciteront certaines employées à sauter la clôture.

La copropriétaire des Mini Explorateurs, Élisabeth Fillion, craint aussi que les enfants aussi se déplaceront vers le nouveau Centre de la petite enfance. « Nous n'avons pas l'impression que ça créera de nouvelles places, mais plutôt un mouvement de notre clientèle vers un CPE, avec tous les avantages qui viennent avec un établissement subventionné.

Actuellement, les Mini Explorateurs accueillent 52 enfants sur une capacité de 70 et emploie 20 personnes, dont quatre sont actuellement en congé de maternité, ce qui explique pourquoi la garderie n'opère pas à plein régime.

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Ce que souhaite Élisabeth Fillion est d'avoir accès au projet-pilote du ministère de la Famille pour devenir une garderie subventionnée qui ressemblerait en tous points à un Centre de la petite enfance. La seule différence est que le propriétaire actuel de l'établissement demeure propriétaire et assume les coûts qui y sont rattachés. « Actuellement, le Bas-Saint-Laurent ne fait pas partie de ce projet donc on ne peut pas se qualifier. Si on avait pu et qu'on devenait subventionné, nos employés auraient droit à des meilleures conditions de travail, au régime de retraite et les parents auraient droit à tarif unique. Donc, pour des considérations financières, certains parents préféreront aller vers un CPE lorsqu'ils se font offrir une place même s'ils sont satisfaits chez nous. »

Le tarif unique pour une place dans un CPE est de 8,50 $ alors qu'il en coûte 50 $ dans une garderie privée. Après application du crédit d'impôt, le coût revient de 10 $ à 20 $ par enfant, par jour.

Pour la copropriétaire des Mini Explorateurs, il n'est pas logique d'investir dans une nouvelle installation qui entrerait directement en compétition avec sa garderie alors que le gouvernement a l'option de simplement subventionner la sienne. « Pourquoi investir trois millions dans un nouveau CPE alors que nous sommes déjà en pénurie de main-d'œuvre? Si ça se concrétise, il y a des chances que je sois forcée de fermer. »

Une autre injustice qui semble se poindre à l'horizon est le partenariat qui a été tissé avec le Cégep de Matane. Grosso modo, en échange de mobilier et de la conception d'un site internet, les Mini Explorateurs offraient des places privilégiées aux élèves et employés du Cégep qui avaient besoin d'une place en garderie. Or, lorsque le 4e CPE s'installera, le même modèle parents-étudiants s'appliquera, ce qui signifie un autre possible mouvement d'enfants vers la nouvelle installation en raison des coûts moins élevés.

Qu'en dit le ministère de la Famille?

Élisabeth Fillion a eu l'occasion de s'entretenir personnellement avec le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe sur la situation. « Ce que j'en déduis est qu'il y a eu une erreur lors de l'autorisation de ce 4e CPE. Lorsque le comité consultatif a déposé son rapport, il mentionnait qu'on allait fermer nos portes puisque nous allions augmenter nos tarifs et que le gouvernement pourrait alors louer nos locaux, ce qui ne reflète aucunement la réalité. C'était leur perception et la décision a été prise à partir de cette supposition. Comme nous n'avons pas fermé nos portes et que nous ne souhaitons pas le faire, c'est une nouvelle construction qui verra le jour à quelques mètres de ma garderie. »

Les échos qu'Élisabeth Fillion reçoit est qu'elle serait en partie responsable de son sort puisqu'elle aurait refusé de vendre sa bâtisse au CPE. Le problème est qu'elle n'avait aucune envie de se départir de sa garderie qu'elle opère depuis près de neuf ans. Elle mentionne également que le montant qui lui était offert était insuffisant. « Je ne vendrai pas mon entreprise à perte. On travaille énormément pour offrir des services de qualité et les parents sont heureux, tout comme nos employés. Alors, on n'a pas envie de fermer. »

Présentement, le 3e CPE a été annoncé et comptera 80 nouvelles places et devrait ouvrir ses portes cet automne alors que le 4e CPE, voisin des Mini Explorateurs pourra accueillir 70 nouveaux enfants. « Ça fait 150 nouvelles places en deux ans en plus de l'exode vers les maternelles 4 ans. C'est dur à croire qu'il y a un si grand besoin à Matane », ajoute Élisabeth Fillion.

En conclusion, Élisabeth Fillion souhaite seulement ne pas être ignorée. « Nous étions là avant les CPE pour accueillir les enfants. Je ne suis pas contre le CPE, je suis pour la diversification des services mais ce qu'on est en train de créer, c'est un monopole. On a tous la même mission et je ne veux pas partir en guerre contre le CPE, tout ce que je veux c'est survivre, il me semble que c'est légitime. »

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