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02 juin 2021

Dominique Fortier - dfortier@lexismedia.ca

La Haute-Gaspésie lève enfin le voile sur les conclusions du diagnostic organisationnel

RAPPORT DE GAÉTAN LELIÈVRE

Maryse Létourneau et Allen Cormier

©Photo Dominique Fortier - L'Avantage Gaspésien

Maryse Létourneau et Allen Cormier sont d'avis que le diagnostic organisationnel était nécessaire pour remettre l'organisation de la MRC Haute-Gaspésie sur la bonne voie.

La MRC de la Haute-Gaspésie a levé le voile sur les conclusions du diagnostic organisationnel livré par Gaétan Lelièvre en novembre dernier.

Ce diagnostic avait été commandé au coût de 25 000 $ et avait pour but de mettre à jour les bonnes et les moins bonnes pratiques au sein de l'organisation, cinq ans après avoir choisi de conserver le CLD de la Haute-Gaspésie. Ainsi, en 2019, Gaétan Lelièvre était embauché à titre de consultant externe pour faire état de situation. À terme, une vingtaine de recommandations ont été remises à la MRC.

La majorité de ces recommandations tournent autour de deux axes, soit l'aspect financier et le recentrage de l'organisation sur sa mission de base, soit l'aménagement et la gestion du territoire et manœuvrer dans le développement économique et social. Or, depuis un certain temps, la MRC avait pris en charge de nombreuses responsabilités qui ne lui revenait pas, ce qui occasionnait inévitablement plus de dépenses et plus de personnel. « Dans un MRC, soit tu t'en tiens à tes responsabilités et tu les fais bien ou tu rapatries tout. Dans notre cas, on était entre les deux et ça commençait être très lourd sur le plan financier. Nous avions donc un choix à faire. Pour notre part, avec la capacité de payer de nos citoyens et la grosseur de nos municipalités, nous avons opté pour le scénario de se recentrer sur notre mission première », explique la directrice générale de la MRC, Maryse Létourneau.

Pour parvenir à des résultats concrets, il était essentiel d'optimiser les ressources en place. C'est d'ailleurs sur cet aspect que le préfet Allen Cormier souhaitait un diagnostic à la base. « Lorsqu'on est 104e sur 104 parmi toutes les MRC du Québec, la première chose à faire est d'avoir le meilleur rendement avec les bonnes personnes dans les bons postes. Autant que ça peut être difficile quand nous sommes au cœur de ce diagnostic, autant c'est nécessaire pour mieux avancer par la suite. »

Les premières actions en ce sens qui ont été prises ont été de rétrocéder aux municipalités, les responsabilités qui leur incombaient. On peut penser à l'inspection municipale dont la MRC en assumait la responsabilité pour quatre municipalités de l'Est. En décembre 2020, cette entente a pris fin et les municipalités doivent maintenant prendre en charge ce rôle. Même chose pour le service incendie. Jusqu'à tout récemment, la MRC assumait la gestion de la prévention et de la formation, ce qui entraînait une lourdeur administrative et bureaucratique inutile. Il a donc été décidé de redonner la formation des pompiers à Cap-Chat et le volet prévention à Sainte-Anne-des-Monts.

Finalement, une autre responsabilité importante que la MRC s'était mise sur les épaules était le rapatriement du bureau de la Société de l'assurance-automobile du Québec lorsque l'Unité Domrémy avait annoncé qu'elle fermait les livres. La MRC avait alors décidé d'assumer le service même si celui-ci était déficitaire, dans l'optique d'éviter aux citoyens des déplacements vers Matane ou Grande-Vallée pour des transactions relatives à l'immatriculation et au permis de conduire. La prochaine étape est de s'assurer qu'un organisme gouvernemental provincial reprenne la gestion de ce service. « Il n'est pas normal que la MRC la plus dévitalisée doive puiser dans ses réserves pour financer un service qui est assumé par le gouvernement provincial dans d'autres villes comme Matane ou Rimouski. Il fallait arrêter la saignée sinon on allait frapper un mur sur le plan financier », ajoute la directrice générale.

Comptabilité et gestion financière

L'autre axe majeur où le diagnostic organisationnel a démontré des lacunes était la comptabilité. « La réorganisation de la gestion financière était le plus gros problème et c'est là que j'ai concentré le plus d'efforts. Il reste d'ailleurs encore du travail à faire. Il y avait d'énormes retards au niveau de la comptabilité et de la vérification des livres de la MRC. Étant comptable de formation, on n'a pas eu à me convaincre très longtemps pour me mettre la tête dans les livres », raconte Maryse Létourneau.

La principale intéressée ne cache pas qu'elle est allée « de surprise en surprise » en consultant les chiffres des dernières années. « Il fallait reprendre un retard depuis 2018. Il y a eu beaucoup de redressement comptable, de reddition de comptes remontant parfois à 2017 avec la facturation de droits de mutation, les écocentres, la taxe sur l'essence, etc. On est actuellement en bonne voie de rattraper le retard, mais c'est énormément d'ouvrage. »

Quant à savoir comment la MRC pouvait déposer des budgets année après année, sans avoir ses livres comptables à jour, le préfet Cormier explique qu'une évaluation sommaire des coûts basée sur les années précédentes était faite à laquelle on ajoutait l'indice des prix à la consommation.

Pour ce qui est des ressources humaines, la décision a été prise d'abolir certains postes dans l'équipe financière à la suite de départs à la retraite. D'autres ajustements sont aussi apportés au sein de l'organisation pour redresser certains volets dont le système de paie. Évidemment, les changements apportés ne se font pas sans heurt. « Ce qu'on fait, c'est difficile, c'est insécurisant pour le personnel et ce n'est pas tout le monde qui se sent à l'aise avec les contrôles internes et les nouvelles directives, mais ça s'imposait », explique Maryse Létourneau.

Saine gestion, transparence et intégrité

La directrice générale, qui célèbrera bientôt son 25e anniversaire au sein de l'organisation, est consciente que les changements importants qui sont apportés ne sont pas faciles à implanter mais qu'ils sont essentiels puisque ce sont des deniers publics qui sont en jeu. « L'intégrité, la rigueur et la transparence que je m'impose, je l'impose aussi à toute mon équipe de travail. Si on regarde l'équipe du CLD que j'ai dirigée pendant dix ans, il y a eu pratiquement aucun roulement de personnel. Tout le monde est heureux. Quant aux employés de la MRC, ils sont conscients de leur rôle et ils savent ce qu'ils ont à faire. Aujourd'hui, j'estime avoir une équipe de travail heureuse. »

Quant à l'état actuel des finances, Maryse Létourneau croit que la MRC sera en mesure de sortir la tête de l'eau. « Quand je suis arrivée en poste, on a mis le frein à bras et on a enlevé les clés. Toutes les dépenses ont été gelées pour arrêter l'hémorragie. Pour ce qui est du budget 2021, nous l'avons balancé en fonction de nos revenus et nos dépenses mais tout dépendra de ce que les vérifications comptables révéleront pour 2018, 2019 et 2020. D'ici quelques semaines, nous devrions savoir si nous avons un déficit et à combien il s'élève. »

On ajoute que les livres devraient être entièrement à jour d'ici le mois de septembre. « On sort du discours de dévitalisation et on se met maintenant en mode croissance. On sent un vent favorable, nos entreprises vont bien et nous vivons des hausses démographiques dans certaines municipalités. La dynamique de la Haute-Gaspésie est en train de changer pour le mieux », conclut Allen Cormier.

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