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17 février 2021

Dominique Fortier - dfortier@lexismedia.ca

Les mésaventures d'un Cap-Chatien victime de vol d'identité

RENSEIGNEMENTS PERSONNELS

Mathieu Portelance

©Photo Gracieuseté

Mathieu Portelance vit un véritable calvaire administratif chaque fois que le fraudeur tente d'ouvrir un compte en son nom.

Depuis décembre 2020, Mathieu Portelance, un Cap-Chatien d'origine résidant maintenant à Montréal, est aux prises avec un problème persistant de vol d'identité qui lui donne de nombreux maux de tête.

Tout a commencé en décembre 2020 lorsque deux ouvertures de comptes et deux cartes de crédit ont été commandés en son nom, une provenant de la Banque royale du Canada et l'autre de la Banque de Montréal. Le jeune homme s'est rendu compte de cette situation en récupérant du courrier à l'ancien logement où il habitait. « Heureusement, une des deux demandes avait été refusée mais l'autre avait été acceptée. J'ai quand même dû faire fermer les comptes aux deux endroits et faire annuler la carte de crédit provenant de la Banque de Montréal. »

Le problème est qu'il n'est pas simple de corriger de telles situations. Mathieu Portelance l'a appris à ses dépens. « Il a d'abord fallu que je me rende dans une succursale de la Banque de Montréal, que j'explique la situation à la préposée et que je remplisse un rapport de fraude. Pendant ce temps, le fraudeur avait quand même eu le temps de dépenser 2 300 $ en mon nom », déplore-t-il.

L'institution financière a conseillé au jeune homme de porter plainte à la police et de contacter Équifax et TransUnion, deux entreprises se spécialisant en évaluation du crédit. Autrement dit, ce sont eux qui décident si un individu est solvable. « J'ai activé les notifications d'Équifax afin d'être avisé chaque fois qu'il y a une demande de crédit en mon nom. J'ai également activé une option qui oblige les entreprises à obtenir mon accord de vive voix pour l'ouverture d'un compte », ajoute la victime.

Toutefois, rejoindre Équifax n'est pas tâche facile. « C'est très difficile de réussir à parler à quelqu'un. Lorsque j'ai enfin réussi à rejoindre un préposé, il était clairement outre-mer et la communication était très mauvaise. Il a fallu que je rappelle une deuxième fois pour que les alertes soient activées. »

Pire encore, depuis le début de cette mésaventure, la cote de crédit de Mathieu baisse à chaque nouvelle demande d'ouverture de compte ou de carte de crédit par le fraudeur. « À ce jour, je vois ma cote de crédit baisser sans aucune garantie qu'elle sera rétablie. Je ne me sens pas très soutenu. J'ai l'impression de n'être qu'un autre numéro et de devoir m'arranger tout seul. »

L'histoire ne se termine pas là puisqu'une semaine plus tard, Mathieu Portelance reçoit une alerte à l'effet qu'un compte a été ouvert en son nom chez Virgin Mobile. Il a été mis au courant puisque le fournisseur de services a fait une demande de consultation du dossier de crédit du Cap-Chatien. « J'ai appelé Virgin et j'ai passé 40 minutes à expliquer ma situation et à me faire transférer d'un département à un autre. La semaine suivante, c'était un compte à la Banque CIBC qui a été ouvert. J'ai dû appeler à 22 h. Disons que la musique d'attente, je la connais sur un moyen temps. C'est la même chose chaque fois. Je gaspille environ une heure par semaine à fermer des comptes et répéter la même histoire. »

Faut-il porter plainte?

Quant à la police, Mathieu Portelance affirme avoir rempli un rapport officiel mais il a rapidement compris qu'il ne se passerait pas grand-chose dans son dossier. « Peu de temps après, un policier m'appelait pour me dire grosso modo que le fraudeur allait éventuellement se tanner. Mettons que j'ai ri jaune. »

Le porte-parole de la Sûreté du Québec, Claude Doiron, affirme pour sa part qu'il est essentiel de porter plainte. « Ce n'est pas vrai qu'il n'y a rien qui est fait. Mais il faut comprendre que ce sont des enquêtes qui peuvent être longues et complexes. Aujourd'hui, les fraudeurs sévissent en ligne à partir de n'importe où dans le monde. Toutefois, nous possédons de plus en plus d'outils pour travailler sur ce genre de crime et nous partageons l'information avec les autres corps policiers. Il arrive donc que nous soyons capables de démanteler des réseaux. »

Lueur d'espoir pour celui dont l'identité semble avoir été utilisée à des fins frauduleuses puisqu'il est possible d'obtenir un nouveau numéro d'assurance sociale auprès d'un agent de Service Canada. Il faut que la personne qui a été victime de fraude ait préalablement rempli un rapport de police et fournisse une preuve de ladite fraude.

Le vol d'identité et la protection des données personnelles était d'ailleurs un enjeu important lors de la dernière campagne électorale fédérale à la suite de la fuite de données chez Desjardins. Le Bloc québécois avait d'ailleurs milité, et milite encore, pour une modernisation et un resserrement des mécanismes de protection des renseignements personnels des citoyens qui passe notamment par une modification des lois sur les banques afin que ces dernières soient plus vigilantes dans la gestion des données et des transactions.

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