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27 novembre 2020

Roxanne Langlois - rlanglois@lexismedia.ca

Daphnée Mollet : une alliée des personnes immigrantes venue de Belgique

PASSEPORT HAUTE-GASPÉSIE

Daphnée Mollet

©Photo Gracieuseté

Daphnée Mollet a décidé de mettre son expérience de nouvelle arrivante au service des futurs nouveaux arrivants.

De retour depuis peu au sein de l’équipe du Service d’accueil des nouveaux arrivants (SANA) de la Haute Gaspésie, Daphnée Mollet comprend mieux que quiconque ceux et celles qui passent par ce complexe processus qu’est l’immigration : elle-même Belge, elle l’a traversé en compagnie de toute sa famille à une époque où l’accompagnement en la matière manquait encore à l’appel.

Le couple qu’elle forme avec Jerry Busine a déjà deux enfants, Rémy et Leslie, lorsqu’un événement déterminant survient à la fin de 2004 : le papa fait une chute à cheval. L’important accident engendrera chez lui de nombreuses remises en question et mènera ultimement la famille… vers Matane! Un an avant d’officiellement y emménager, les Busine-Mollet y achètent en effet un petit centre équestre qui deviendra, après leur arrivée en 2006, la ferme Nature Highland. Ils l’opéreront d’ailleurs jusqu’en 2018 en marge de leurs activités professionnelles respectives.

Les premiers pas des nouveaux arrivants dans leur région d’accueil ne sont pas toujours pavés par la facilité; Mme Mollet le sait mieux que quiconque. Un nouveau départ occasionne en effet son lot de frais et de dépenses : « C’est sûr que moi, je trouvais que c’était une force que l’on soit quatre à immigrer ensemble. C’est plus délicat, par contre, parce que tu as peur de manquer d’argent et ne pas réussir à subvenir aux besoins de ta famille. Les premières années, c’était vraiment difficile ».

 Celle qui était infirmière à domicile dans son pays natal occupera des emplois au salaire minimum dans les premiers temps; d’ailleurs, elle ne pratiquera jamais son métier chez nous, et ce, pour des raisons financières. « J’ai fait mon équivalence, mais l’Ordre [des infirmières et infirmiers du Québec], exigeait, à l’époque, que je retourne en stage pendant un mois et demi. Je devais payer un montant de 1000 ou 1500 $. Je ne les avais pas, donc j’ai laissé tomber mon dossier », se souvient-elle.

Mme Mollet se rappelle aussi combien les démarches administratives, par exemple l’obtention d’un permis de conduire ou de la « carte soleil » peuvent s’avérer fastidieuses pour une personne immigrante. Celle qui aurait adoré pouvoir compter sur un organisme tel que le SANA estime que son expérience personnelle lui permet aujourd’hui de mieux comprendre ceux et celles qui ont, comme elle et sa famille, choisi le Canada. Elle est d’ailleurs très heureuse d’avoir l’opportunité de prendre part à leur accueil. « Je suis plus sensible à ce qu’ils vivent, notamment au choc culturel, qui est une réalité qui peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années », admet l’agente de mobilisation qui a réalisé, à rebours, être elle-même passée par là.

Un geste mémorable

Celle qui est aujourd’hui âgée de 43 ans a eu la chance, grâce à l’entreprise familiale, de se bâtir un bon réseau; la maman qui se passionne pour tout ce qui touche l’autosuffisance alimentaire se rappelle d’ailleurs d’un geste posé par une dénommée Colombe alors que le quatuor venait tout juste de débarquer en sol matanais. « Je me souviendrai toujours de notre première voisine […]. Quand elle nous a vus arriver, elle nous a apporté un bouquet de fleurs de son jardin. Ça a peut-être l’air niaiseux, mais juste ce geste-là, ça a fait toute la différence pour moi à l’époque », relate Mme Mollet, encore à ce jour très émue par cette belle attention.

Alors que les parents résident à Mont-Louis depuis 2017, les enfants de 22 et 19 ans, désormais autonomes, sont établis à Matane. Quoi qu’il en soit, il semble que les Busine-Mollet soient dans l’Est-du-Québec pour y rester. « Je me verrais mal retourner en Europe. […] On s’est adaptés à la culture québécoise et retourner en Belgique, ce serait un gros "clash", je pense », illustre celle qui se considère comme « une citoyenne du monde ».

Un pincement au cœur

À quelques semaines du temps des Fêtes, la Gaspésienne d’adoption a une sincère pensée pour ceux et celles qui seront séparés de leurs proches par un océan ou un continent lors ces moments généralement dévolus aux réjouissances. « On a eu un petit pincement au cœur. Le temps des Fêtes, c’est les réunions de famille, la chaleur, la magie. Les deux premières années, ça a été un peu plus "tristounet" pour nous », se souvient-elle.

Au moment d’écrire ces lignes, le SANA de la Haute-Gaspésie planchait d’ailleurs sur la possibilité d’effectuer des jumelages, précisément pour que les personnes immigrantes nouvellement établies en région puissent s’intégrer dans des festivités familiales, évitant ainsi de traverser seules cette période charnière de l’année.

Daphnée Mollet

©Photo Gracieuseté

Daphnée Mollet est photographiée ici avec son mari Jerry ainsi que leurs deux enfants, Rémy et Leslie.

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