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08 avril 2020

Dominique Fortier - dfortier@lexismedia.ca

Huit questions sur la Covid-19 au Dr Guillaume Hardy

COVID-19

Guillaume Hardy

©Photo Dominique Fortier - L'Avantage Gaspésien

Dr Guillaume Hardy pratique dans le réseau local de la Haute-Gaspésie depuis maintenant sept ans.

En ce temps de crise sans précédent, les informations fusent de toutes parts et les questions des citoyens sont nombreuses. Nous avons donc pris le temps de s'assoir et jaser (à distance) avec le Dr Guillaume Hardy, médecin de famille pour le CISSS-Gaspésie.

 

1- Est-il nécessaire de désinfecter son épicerie et si oui, quelle est la façon la plus efficace de le faire?

C'est une bonne idée de le faire pour réduire les risques de contamination. Il faut garder en tête que d'autres gens ont probablement touché aux éléments que vous avez acheté et peuvent être infectés. La façon la plus simple pour désinfecter est d'utiliser un chiffon humecté avec de l'eau savonneuse. Pour ce qui est des éléments en papier ou en carton, on peut les mettre tout simplement en quarantaine pendant 24 heures puisque le virus sera inactivé par la suite pour ce type de surfaces.

2- Est-ce que les personnes qui travaillent dans le réseau de la santé doivent prendre des mesures de sécurité supplémentaires dans leur vie privée ou envers leurs proches?

Il n'y a pas de consignes officielles qui ont été données à ce ne sont pas tous les professionnels de la santé qui ont le même degré d'exposition au virus. J'ose croire que ceux qui sont plus à risque prennent des mesures de sécurité supplémentaires. Par contre, ceux qui viennent porter main forte au réseau qui proviennent d'une région plus touchée par le coronavirus, ils ont des consignes de ne pas se mêler à la communauté.

3- Estimez-vous que les Haut-Gaspésiens et les entreprises locales sont de bons élèves en égard au respect des mesures de la santé publique?

Les entreprises que j'ai visitées semblent respecter les consignes de façon générale. Il y a des barrières physiques entre le client et la caissière. On limite également le nombre de clients dans la majorité des commerces. Il y aussi des pompes avec du désinfectant à l'entrée des commerces. Parfois, les commis vont eux-mêmes chercher les items pour les clients sur les tablettes.

Pour les individus, ça va plutôt bien aussi. Évidemment, il y a toujours des gens pour qui les consignes ne semblent pas s'appliquer mais dans leurs cas, ce n'est pas propre à la crise du coronavirus. De façon générale, les gens se comportent bien même qu'on en voit qui sont encore plus prudents ou anxieux que le demande la situation.

4- Croyez-vous qu'il serait préférable de ventiler le nombre de cas par MRC comme c'est fait dans d'autres régions du Québec?

Ce n'est pas une information qui est inintéressante. Par contre, je comprends que la Santé publique a été échaudée par des chasses aux sorcières dans certains secteurs. Les gens pourraient faire des suppositions en vérifiant les allers et venues de certaines personnes aux cliniques de dépistage versus le nombre de nouveaux cas par MRC. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a des cas dans toutes les MRC alors tout le monde devrait prendre les mesures de sécurité qui s'imposent.

5- À quel point est-ce plus dangereux de contracter le coronavirus à l'hôpital que dans tout autre lieu public?

C'est certain que les gens infectés au coronavirus risquent plus de passer par l'hôpital qu'ailleurs. Il y a donc des circonstances particulières où l'exposition peut être plus intense. Mais de façon générale, les établissements de santé sont bien organisés en matière de prévention et d'isolement des cas liés au virus.

6- Outre la transmission par gouttelettes de salive, quels sont les autres conditions les plus propices pour attraper le virus?

Évidemment, il y a les poignées de mains après avoir toussé ou éternué. Mais outre les contacts physiques, il y a surtout les objets et les surfaces sont des transmetteurs particulièrement lorsque les gens les touchent à intervalle rapide. Par contre, plus le temps passe, moins il y a de risques que le virus soit encore actif.

7- Est-ce que le réseau local de santé de la Haute-Gaspésie serait prêt à gérer (autant en lits, en matériel qu'en personnel) une éclosion de cas comme celle au Manoir du Havre à Maria?

Je suis satisfait du plan de match et des dispositions qui ont été prises à l'hôpital des Monts. Je suis confiant que nous serions en mesure de gérer une telle situation. L'avantage est que plusieurs chambres qui n'étaient pas utilisées au moment où nous sommes entrés dans la phase de préparation. Elles ont donc pu être aménagées dans une aile séparée de l'hôpital pour garder les patients atteints de coronavirus, isolés des autres patients.

8- Des conseils pour gérer l'anxiété et la frustration liés à la situation actuelle?

Une excellente question! Sans que ce soit mon expertise, je pense qu'il y a une petite partie de chaque personne qui essaie de trouver le positif dans tout ça. Il faut voir ça comme une opportunité de faire des activités avec les enfants que nous n'avons pas habituellement le temps de faire.  C'est le temps d'apprendre un morceau avec la guitare qu'on avait acheté il y a quelques années. On peut faire de la méditation ou lire un livre. Il faut aussi relativiser les choses parce que le coronavirus ne tue pas systématiquement tous les gens qui l'attrapent.

Il faut se compter chanceux de vivre en Gaspésie, une région isolée relativement épargnée jusqu'à maintenant. Les cas de coronavirus sont davantage des cas importés. Nous avons aussi le bonheur d'avoir un décor de mer et de nature et non pas des blocs gris comme les gens de la ville. Si on fait attention, on a toutes les chances de ne pas vivre une crise trop intense.

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