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14 février 2020

Stéphane Quintin - squintin@lexismedia.ca

Reconstruction du barrage Mathieu-D’Amours de Matane en 2022 : que deviendra la passe migratoire ?

Chantier majeur à Matane

Barrage Mathieu-D'Amours Matane

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

Le barrage Mathieu-D’Amours de Matane pourrait être démoli puis reconstruit en 2022-2023. Il date de 1970.

Alors que le ministère de l’Environnement prévoit la démolition du barrage Mathieu-D’Amours, du nom du premier seigneur de Matane, et la reconstruction d’une nouvelle infrastructure entre 2022 et 2023, la Ville réfléchit, en collaboration avec la SOGERM (Société de gestion de la rivière Matane), à l’avenir de la passe migratoire, dans la perspective de travaux majeurs estimés à 20 M$. 

« Une étude d’évaluation de la sécurité démontre que le barrage ne respecte pas l’ensemble des normes minimales. Bien que son état général soit considéré comme acceptable, ce sont la capacité d’évacuation insuffisante de ce dernier et le manque de fiabilité de certains appareils qui forcent la démolition et la construction d’un nouvel ouvrage », a déclaré le ministère de l’Environnement, auquel a été intégré le Centre d’expertise hydrique du Québec.

La Direction générale des barrages précise que l’ouvrage de Matane, d’une longueur de 122 mètres (400 pieds), date de 1970. La dernière étude de sécurité réalisée sur place remonte à 2017, à la suite de quoi ont été émises les recommandations d’une reconstruction totale de l’édifice. Le ministère de l’Environnement précise que le barrage actuel serait le 5e construit sur place. Dès l’époque de la compagnie Price Brothers, une écluse était située à cet endroit, à la fin du XIXe siècle. Le transfert de propriété au gouvernement a eu lieu en 1960.

Barrage Mathieu-D'Amours Matane

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

Le barrage du centre-ville porte le nom du premier seigneur de Matane.

Des travaux estimés à 20 M$            

« Le barrage Mathieu-D’Amours est un barrage à forte contenance situé sur une rivière caractérisée par des problématiques récurrentes d’embâcle. Un mandat est en cours actuellement, visant à évaluer et analyser différentes options de reconstruction. Ce mandat porte sur la forme et la position les plus optimales par rapport à la gestion de la crue des eaux, des glaces et des débris. Il inclut toutes les contraintes environnementales, fauniques (gestion des ressources aquatiques) et publiques (aspect récréatif) », a résumé le ministère de l’Environnement, en ajoutant qu’il était difficile, avant le dépôt de l’étude de faisabilité, de déterminer le coût des travaux. Selon l’évaluation préliminaire du projet, ces derniers seraient estimés à environ 20 M$. Lancée en juin dernier, l’élaboration de l’étude de faisabilité devrait prendre fin avant l’été prochain, selon le ministère, qui date la constitution des plans et devis, ainsi que les démarches d’obtention des autorisations environnementales, aux années 2020 et 2021. Les travaux pourraient être effectués quant à eux en 2022 et 2023.

Barrage Mathieu-D'Amours Matane

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

Le barrage est situé à l'emplacement de l'ancienne écluse de la compagnie Price.

Que deviendra la passe migratoire ?              

Pour la Ville de Matane, le barrage n’a pas qu’un rôle environnemental de gestion du débit d’eau de la rivière. Il est aussi un facteur de développement touristique grâce au poste d’observation de la montaison du saumon construit en 1978 puis rénové en 1993. Néanmoins, une baisse d’achalandage sur place a poussé la SOGERM à interroger la Ville sur la pertinence de monopoliser des ressources humaines à cet endroit. « Ce qui est surtout rentable pour eux, ce sont les droits d’accès à la rivière pour les pêcheurs. Une présence humaine ne sera pas forcément nécessaire dans la prochaine passe migratoire prévue par le ministère, qui devrait intégrer aussi un passage pour les anguilles », a expliqué le maire Jérôme Landry.

Passe migratoire saumons Matane

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

Le poste d'observation du saumon doit disparaître aussi pendant les travaux de reconstruction du barrage du centre-ville.

« La présence d’une passe migratoire permet au ministère un comptage précis de la quantité de saumons dans la rivière, des éléments importants pour la gestion de la faune » - Jérôme Landry, maire de Matane

Selon l’élu, dans le cadre du travail de revitalisation du centre-ville développé avec la collaboration de l’architecte Pierre Thibault, un nouveau projet touristique a été proposé à cet endroit par la Municipalité, qui a profité aussi de ses discussions avec le ministère de l’Environnement pour rappeler l’importance de pouvoir installer une piste cyclable sur le prochain barrage, où l’observation des saumons pourrait s’effectuer par exemple sur une tour de plusieurs étages offrant à la fois une vue sur le parc des Îles et un sous-sol vitré donnant sur la rivière. La structure pourrait rappeler l’ancienne cheminée de la compagnie Price, haute d’une quarantaine de mètres (125 pieds), dynamitée en 1967, soit 9 ans après la fin des activités de la scierie à Matane, l’ancien« moulin » ayant laissé la place à l’hôtel de ville actuel.

« On leur a proposé cette esquisse de Pierre Thibault pour remplacer le poste d’observation. Nous avons eu beaucoup d’échanges avec les services hydriques avant les Fêtes. La présence d’une passe migratoire permet au ministère un comptage précis de la quantité de saumons dans la rivière, des éléments importants pour la gestion de la faune », a poursuivi l’élu, en mentionnant que si la reconstruction des lieux serait assurée en grande partie par le gouvernement, tous les ajouts à caractère touristique et esthétique devraient être financés par la Ville, qui compte postuler à différents programmes de subvention dans le domaine touristique. Rappelons qu’en 2018, la rivière Matane avait connu 2000 montaisons de saumons, alors le 3e plus grand nombre dans l’Est-du-Québec après la Cascapédia et la Matapédia.

Passe migratoire saumons Matane

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

La Ville de Matane, le ministère de l'Environnement et la SOGERM discutent du prochain projet de passe migratoire, à l'étape de l'esquisse.

Quelques dates à retenir

 

Années 1930 : disparition du saumon à cause de l’exploitation forestière, début d’un travail d’ensemencement

1945 : la rivière Matane décrétée réserve faunique par le Québec

1958 : fin des activités de la Price Brothers à Matane et abandon du flottage du bois sur la rivière

1960 : transfert de propriété du barrage au gouvernement

1967 : destruction de l’ancienne scierie

1970 : construction du barrage actuel

1978 : construction du poste d’observation des saumons

1992 : naissance de la SOGERM, à qui le ministère de la Faune de l’époque confie la gestion de la zone d’exploitation contrôlée (ZEC) de la rivière Matane

1994 : inauguration du nouvel observatoire pour la montaison du saumon après des travaux d’agrandissement

2017 : recommandation de reconstruction du barrage

 

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