Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique Rabaischocs.com

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Actualités

Retour

09 février 2020

Dominique Fortier - dfortier@lexismedia.ca

Abolition des Commissions scolaires et suppression immédiate des commissaires

PROJET DE LOI 40

Commission scolaire Chic-chocs

©Photo Dominique Fortier - L'Avantage Gaspésien

La Commission scolaire des Chic-Chocs cessera d'exister cette année. Elle sera remplacée par un centre de services aux écoles.

EN COLLABORATION AVEC JEAN-PHILIPPE THIBAULT - Les présidents des commissions scolaires du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine* font front commun vis-à-vis le projet de loi 40 qui a été adopté sous bâillon aux petites heures du matin (3 h 21 pour être exact) dans la nuit de vendredi à samedi.

En plus de voir les Commissions scolaires être transformées en Centres de services aux écoles, les commissaires ont également appris que leurs postes étaient éliminés dès maintenant, sans période tampon comme il était prévu au départ. Ils recevront tout de même leur salaire jusqu'en juin prochain.

La nouvelle structure sera dorénavant composée d'une quinzaine de personnes, soit des parents, des membres du personnel ainsi que les gens issus de la communauté. Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge parle d'un nouveau modèle davantage orienté sur les besoins des écoles, sur la valorisation de la profession d'enseignant et d'un lien direct entre son bureau et les directions des nouveaux centres de services aux écoles.

Concrètement, les nouveaux postes d'administrateurs des centres de services seront élus par les parents siégeant actuellement dans les différents conseils d'établissement des écoles. Les intéressés pourront poser leur candidature le 1er mai prochain. La première journée d'entrée en fonction de ces nouveaux administrateurs est prévue pour le 20 mai.

Levée de boucliers

Les administrateurs sortants des Commissions scolaires de l'Est-du-Québec dénoncent « la face cachée » de cette réforme qui selon eux n’aidera en rien la réussite des élèves. Rappelons qu’avec ce bâillon, le gouvernement de François Legault prévoit notamment abolir les commissaires et les élections scolaires.

Un non-sens pour les commissions scolaires de l’Est qui se rallient et tirent à boulets rouges sur ce projet qui entraînera une importante perte de pouvoir pour les régions, au profit d’une centralisation à Québec. « Avec le projet de loi no 40, nous passerons de 600 élus de partout en province à un seul ministre à Québec. Il n’y aura plus de politiciens scolaires pour défendre, face au gouvernement, les intérêts et les besoins des régions. Dorénavant, à quelle porte les citoyens cogneront-ils pour contester une décision, pour se faire entendre et se faire représenter? Le ministre l’a dit clairement, il ne veut plus de contre-pouvoir en région. Il ne veut pas d’élus scolaires dans ses pattes. Il veut tout décider, centraliser et fusionner », signent conjointement les présidents des 7 commissions scolaires de l’Est du Québec.

Selon leur lecture, le ministre de l’Éducation va plus loin et s’approprie plusieurs nouveaux pouvoirs, dont ceux d’autoriser les travaux de construction ou de rénovations majeures, en plus d’exiger que les centres de services scolaires concluent des fusions de ressources et de services. « Seul le ministre pourra élaborer des politiques, ce qui constitue la plus grande centralisation de l’histoire du ministère de l’Éducation. Les régions, les écoles, les petites écoles : toutes y perdront un pouvoir décisionnel. Gaspé ou Témiscouata-sur-le-Lac, c’est loin de Québec lorsque viendra le temps de prendre des décisions! Les réalités des régions sont bien loin des bureaux des fonctionnaires du ministère de l’Éducation à Québec. »

On espère maintenant éviter de vivre le même scénario qu’en santé avec la réforme Barrette. Les commissions scolaires parlent également de centralisation qui va carrément tuer l’équité et de net recul pour la démocratie. On rappelle aussi que le Nouveau-Brunswick avait aboli les conseils scolaires en 1996 avant de les remettre en place en 2001. Et que c’est maintenant au tour de l’Île-du-Prince-Édouard de revenir sur sa décision d’abolir les commissions scolaires en 2015.

Et si le gouvernement Legault prétend que cette décision permettra d’économiser 45 millions de dollars 4 ans – argent qui sera réinvesti dans le service aux élèves – on soutient que ce montant ne tient pas compte des coûts liés à la transformation des commissions scolaires en centres de services, ainsi qu’à l’ajout de ressources nécessaires au Ministère pour assumer les nouveaux pouvoirs centralisés.

« La dernière réforme de structure lors des fusions des commissions scolaires en 1998 a coûté 40 millions de dollars au gouvernement alors qu’il avait annoncé des économies de 100 millions de dollars. Sachant cela, il est difficile de croire qu’il y aura des économies. »

Enfin, on note que la réforme Roberge ne règlera rien en éducation car elle ne mettrait absolument pas l’élève au cœur de l’action et des priorités. « Elle plongera nos écoles, nos centres de formation professionnelle et d’éducation des adultes dans un débat de structures inutile, au détriment de la nécessaire mobilisation de tous les acteurs du réseau pour favoriser la réussite des élèves. Il y a actuellement dans notre réseau des problématiques beaucoup plus préoccupantes auxquelles il nous faut tous ensemble nous attarder : la persévérance scolaire, la pénurie de main-d’oeuvre et la valorisation de notre personnel, la mixité sociale et scolaire dans nos écoles, les besoins en infrastructures, la décroissance des clientèles en région, pour ne nommer que ceux-là. C’est pourquoi nous dénonçons l’inacceptable manque d’écoute du ministre et de son gouvernement qui a refusé de mettre de côté son projet de loi et de tenir une vaste consultation sur les véritables enjeux et défis du réseau public d’éducation. Nos élèves méritaient qu’on prenne le temps nécessaire pour mener à bien ce grand débat de société. »

 

 

Commentaires

9 février 2020

Lemaire Pierre

Les commissaires ne comprennent pas le sens de cette loi. Une demi-privatisation des écoles publiques. Ce sont les écoles qui devront exprimer les besoins du milieu. Comme au privé. Les commissaires n'ont rien fait contre cette privatisation déjà inscrite dans la LIP. 40 actualise la LIP. Les commissaires n'ont pas défendu l'école publique.

11 février 2020

francois Castro

En tout respect, les CS étaient des nids de libéraux élues à coup de 2-3-4, parfois 8 % de la population. À ce commentaire "Dorénavant, à quelle porte les citoyens cogneront-ils pour contester une décision, pour se faire entendre et se faire représenter?" Je leur répondrais à leur directeur-trice qui gagne du gallon. Bien sur il y a un aspect de centralisation, mais en même temps il y aura plus de pouvoir aux écoles (donc décentralisation). Des comités avec 1/3 de profs (les gens qui s'occupent réellement de nos enfants), 1/3 des parents et 1/3 de la communauté. Perso, ça me semble plus représentatif que les CS.

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média