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06 février 2020

Stéphane Quintin - squintin@lexismedia.ca

Obsolescence programmée : un comité de Matane veut aider la population à réparer ses objets brisés

Réduction des déchets

laveuses obsolescence

©Depositphotos

Un « Café des secondes chances » se tiendra dans le puits du hall du cégep de Matane le 15 février pour permettre à la population de faire réparer des objets brisés par des bricoleurs bénévoles.

En collaboration avec le Cégep de Matane, le comité citoyen en environnement de la Matanie organise ce mois-ci un « Café des secondes chances », pour aider la population à réparer ses objets brisés plutôt que de les jeter.

« Comme plusieurs autres projets du comité citoyen, c’est une initiative dont nous avions déjà entendu parler dans différents endroits du monde, destinée à limiter le nombre de déchets, en donnant une seconde vie aux objets usagés. Il s’agit d’une activité conviviale, sous forme de café-rencontre et d’ateliers, au cours de laquelle toute la population est invitée à se rendre, soit directement avec les affaires brisées que les gens voudront faire réparer, soit pour apprendre auprès d’un bénévole comment effectuer la réparation », a expliqué l’initiatrice de ce projet environnemental, Sarah Bergeron.

Membre du comité citoyen en environnement de la Matanie, qui avait débuté son existence en 2018 sous la forme d’un regroupement de personnes ayant souhaité diffuser leur ras-le-bol du plastique, et qui avait poursuivi ses actions de sensibilisation auprès des élus, lors des conseils de ville et durant la dernière campagne électorale, Mme Bergeron invite toute la population à se rendre à ce café des secondes chances, prévu le samedi 15 février, dans le puits du hall du cégep, de 10 h à 15 h.

Le bouche-à-oreille a permis au comité de croiser la route de plusieurs experts ayant accepté de se prêter au jeu bénévolement, en offrant leurs conseils aux gens qui viendront se présenter pour une réparation. Plusieurs kiosques seront ainsi présents, sur la couture, la retouche du cuir, les vêtements à repriser, les jouets brisés, les vélos ou encore le matériel électronique. Des boissons chaudes seront aussi distribuées à cette occasion, qui servira aussi à sensibiliser les visiteurs à l’obsolescence programmée.

« Les gens sont invités à venir nous voir avec leur objet s’ils ne sont pas sûrs de pouvoir le réparer ou non. Nos bricoleurs bénévoles pourront au moins poser un diagnostic » - Sarah Bergeron, initiatrice du projet

La question de l’obsolescence programmée             

L’action collective autorisée l’été dernier par la Cour supérieure du Québec contre le géant américain Apple, en raison de la limite de durée de vie de certains appareils ou encore des ralentissements de performance constatés sur certains téléphones intelligents à la suite d’une mise à jour de leur système informatique, incitant à l’achat de nouveaux cellulaires, est une illustration de cette thématique de l’obsolescence programmée, qui apparaît de moins en moins tolérable en cette période de réduction des déchets. En France, une ordonnance de 2016 la définit comme « le recours à des techniques par lesquelles le responsable de la mise sur le marché d’un produit vise à en réduire délibérément la durée de vie pour en augmenter le taux de remplacement », un délit puni par deux ans d’emprisonnement et une amende de 300 000 euros, pouvant monter à 5 % du chiffre d’affaires moyen annuel de l’entreprise fautive.  

Au Québec, où le député indépendant Guy Ouellette avait déposé un projet de loi permettant aux consommateurs de bénéficier d’un droit à la réparation, le gouvernement Legault avait remis le dossier dans les mains de l’Office de la protection du consommateur, chargé de tenir des consultations sur le dossier. Plusieurs éléments devront être pris en compte, comme les compagnies d’assurance, qui refusent aussi de couvrir certains appareils en raison de leur âge.

En attendant que la thématique soit réglée à l’échelon provincial, le comité citoyen en environnement de la Matanie a voulu s’emparer localement de cet enjeu pour favoriser la diminution des déchets, permettre un moment d’échanges de savoir-faire et donner l’occasion d’une réflexion sur notre rapport à la consommation. « Les gens sont invités à venir nous voir avec leur objet s’ils ne sont pas sûrs de pouvoir le réparer ou non. Nos bricoleurs bénévoles pourront au moins poser un diagnostic et offrir des démonstrations dans plusieurs domaines », a conclu Sarah Bergeron, en ajoutant que ces gestes avaient aussi pour vocation de démontrer que la population pouvait se montrer exemplaire, proactive et positive dans le domaine de la lutte contre les changements climatiques.

déchets ultimes

©Le Bulletin-Archives

La durée de vie limitée de plusieurs objets de consommation ne favorise pas la réduction des déchets.

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