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18 octobre 2019

Stéphane Quintin - squintin@lexismedia.ca

Après avoir visité pas moins de 57 pays, un globe-trotteur matanais range ses souliers à 80 ans

Personnalité inspirante de la Matanie

Berthier Pearson Matane conteur globe-trotter

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

En 2018, l’année de ses 80 ans, l’auteur a rangé ses souliers après avoir parcouru le monde à la rencontre de différentes tribus, prenant part aussi à des activités humanitaires.

Si Berthier Pearson a décidé de ranger symboliquement ses souliers au placard l’année de ses 80 ans, après avoir exploré pas moins de 57 pays, le Matanais poursuit avec passion une activité d’écrivain prolifique. L’auteur de 24 livres présentera ses deux derniers ouvrages à la Chouette librairie le 19 octobre de 13 h à 15 h.

Entre les séances de tambours africains au milieu des Zoulous, les bivouacs avec les Touaregs en plein Sahara, dans un désert inondé de constellations, le sens du sacré appris en Inde, où ses pas l’ont amené à croiser Mère Teresa, la transhumance des Lapons en Scandinavie, le vieux bétail en Amérique du Sud sacrifié aux piranhas lors du franchissement des rivières, les dauphins roses de l’Amazone et les favélas du Brésil, Berthier Pearson peut bien chanter, à la manière de Félix Leclerc, que ses souliers, s’ils ont piétiné la lune et couché chez les fées, n’ont pas moins traversé aussi le monde et sa misère.

Né à Saint-Luc en 1938, où il a grandi sur une ferme avec quinze frères et sœurs, Berthier profite de son enfance pour alimenter un imaginaire débordant. Les récits d’Alexandre Dumas, dont la lecture le soir, à la lumière d’une lampe à huile, suscitait des remontrances de sa mère, ceux d’Henri Bosco et de Saint-Exupéry ont tôt fait de forger un cœur aimanté par le rêve et les enchantements.

Un Matanais globe-trotteur          

Ayant hérité de l’âme méditative de sa « maman Jeanne », décédée à 104 ans, dont il vante la recherche effrénée du vrai et du beau, doté de ses mêmes yeux bleus et d’un amour aussi grand pour la personne humaine, Berthier s’est plongé tout entier dans le voyage après avoir consacré 35 années à l’enseignement, dont sept en Inde dans les années 1960, initié en Angleterre à la langue de Shakespeare, où résident ses deux filles.

Une fois retraité, il commence à vadrouiller avec intensité autour de la planète, s’immergeant au cœur de différentes tribus qui l’initient à la vaste palette des peuples de la Terre et à leur culture. Chaque été, isolé à sa table de travail dans un chalet de Saint-Luc, au fond d’un bois, il laisse sa plume rouler sur le papier, écrivant des carnets de voyage, des romans et des contes. « Je veux transmettre aux jeunes la passion de la lecture », explique-t-il dans son appartement des Bâtisseurs, où il vit aujourd’hui entouré des souvenirs ornant ses étagères. « En découvrant la géographie humaine à travers le monde, j’ai découvert ma géographie intérieure », précise celui qui répète inlassablement, comme le Petit Prince, qu’on ne voit bien qu’avec le cœur.

Berthier Pearson

©Gracieuseté Berthier Pearson

Berthier a passé sept ans en Inde dans les années 1960, où il a découvert la religion.

Un voyageur humaniste          

Décrivant ses aventures avec nostalgie, l’octogénaire polyglotte, fou de tennis et collectionneur de timbres, une manière plus sédentaire de parcourir le monde, s’indigne de la disparité grandissante entre les riches et les pauvres, s’interroge sur la mort des civilisations et la finalité de son parcours sur Terre. Définissant le voyage comme une « communion dans les profondeurs de l’âme humaine » et dénonçant les plaisirs factices de la société de consommation, il raconte ses déambulations contemplatives dans les marchés et les souks, vibrant de tous ses sens. Épicurien, amateur de bonne chère, Berthier sourit de plus belle en évoquant sa fierté de n’avoir jamais été malade au cours de ses voyages, une résistance qu’il attribue aux anticorps développés tôt en Inde.

Désormais tourné vers les jeunes, à l’occasion de lectures et de conférences, l’auteur trouve son bonheur dans la magie qu’il insuffle aux enfants. « N’ayez jamais peur de la vie, n’ayez jamais peur de l’aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît ». À la manière d’Henry de Monfreid, par ses histoires, le Matanais nous invite à considérer l’importance de prendre la route, qu’elle soit intérieure ou trempée dans les poussières du monde.

Berthier Pearson

©Gracieuseté Berthier Pearson

Touché par la misère à travers le monde, il s'est impliqué dans plusieurs travaux humanitaires dans les favélas du Brésil.

Commentaires

19 octobre 2019

Hélène Simard

Quel homme inspirant! Bravo et bonne continuité!

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