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05 avril 2019

Stéphane Quintin - squintin@lexismedia.ca

Les taxis matanais rejettent le projet de déréglementation du gouvernement

Transports

Grève taxis Matane

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

Les chauffeurs de taxi matanais ont effectué une grève vendredi matin pour souligner leur rejet du projet de loi déréglementant leur industrie.

Une grève et une manifestation ont été organisées entre 9 h et 10 h le 5 avril par les chauffeurs de taxi de Matane pour s’opposer au projet de loi défendu par le ministre des transports François Bonnardel, qui prévoit notamment la fin du contingentement, une déréglementation qu’ont dénoncée les propriétaires de permis de taxi matanais lors d’une rencontre avec le député Pascal Bérubé.

Près d’une dizaine de taxis encadrés par des véhicules de la Sûreté du Québec ont pris part à une opération de visibilité dans les rues de Matane vendredi matin, à grand renfort de coups de klaxon, pour indiquer leur dénonciation du projet de loi 17, qui prévoit une déréglementation de l’industrie comprenant la fin du contingentement, de quoi faire chuter le prix des permis pour l’achat desquels certains chauffeurs se sont beaucoup endettés. Ces derniers pointent du doigt une forme d’expropriation de la part du gouvernement du Québec et ont voulu rappeler la détresse psychologique dans laquelle les a plongés l’annonce de M. Bonnardel. « Avec ce projet de loi, il nous a arraché notre raison de nous lever le matin. Je suis debout à 5 h pour nourrir ma famille, qui a déjà enduré beaucoup de sacrifices. Ça fait quatre ans que je suis propriétaire d’un permis de taxi, pour l’achat duquel j’ai dû hypothéquer ma maison. Je trouve ça inhumain. Il faut être fait fort présentement pour absorber cette nouvelle-là », a déploré Sébastien Bouffard, chauffeur de taxi à Matane depuis 5 ans.

« Ça fait quatre ans que je suis propriétaire d’un permis de taxi, pour l’achat duquel j’ai dû hypothéquer ma maison. Je trouve ça inhumain. Il faut être fait fort présentement pour absorber cette nouvelle-là. » - Sébastien Bouffard, chauffeur de taxi matanais

Selon son confrère, Marc Thibault, chauffeur depuis 1995, le projet de loi est jugé d’autant plus révoltant que les taxis avaient déjà été appelés par le passé à s’ajuster à plusieurs réformes dans le domaine des formations pour le transport adapté, le transport scolaire, ou encore au sujet du renouvellement de la flotte de taxis. « On s’est conformé à tout ce qu’on nous avait demandé. On a suivi des cours. Les véhicules trop vieux ont été remplacés », a-t-il énuméré en regrettant de n’être pas mieux considéré malgré tous les efforts déjà consentis. Tous les trois à quatre ans, les voitures doivent être changées, c’est aussi ça qui fait tourner l’économie locale, auprès des concessionnaires ou des garages », a-t-il renchéri en présence du député Pascal Bérubé, venu écouter leurs revendications. Les chauffeurs demandent notamment au ministre des Transports de geler le projet de loi actuel et de lancer des études d’impact. « J’irai porter ce message à l’Assemblée nationale, vous pouvez compter sur ma solidarité. C’est un enjeu très humain et vous jouez un rôle important dans la région », a lancé le chef intérimaire du Parti québécois.

Grève taxis Matane

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

Pascal Bérubé a rencontré les chauffeurs de taxi matanais en grève vendredi matin.

Des compensations insuffisantes

Alors que le ministre Bonnardel a annoncé 250 M$ supplémentaires cette année pour monter à 500 M$ la compensation financière prévue pour l’industrie, M. Bouffard dénonce une hypocrisie, en soulignant que la valeur totale de l’ensemble des permis de la province était estimée à 1,3 milliard de dollars. « L’an passé, la première tranche de dédommagement m’a permis d’obtenir la somme de 1 000 $ mais mon permis de taxi en vaut 85 000 $ et je suis encore en train de rembourser mes dettes pour payer les emprunts que j’ai dû faire », explique Sébastien Bouffard, qui a rappelé que la ville de Matane comptait 13 taxis. Le chauffeur matanais a insisté aussi sur le rôle social joué dans la population, notamment à Matane, où plusieurs personnes âgées ont recours aux taxis dans le cadre d’un transport adapté pour lequel les conducteurs ont dû suivre une formation. « Beaucoup d’aînés nous appellent pour les accompagner jusqu’à l’épicerie. Nous les aidons aussi à porter leurs sacs jusque chez eux. Ce sont des personnes que nous côtoyons régulièrement. Nous leur demandons des nouvelles de leur famille, comment s’est passée leur semaine. Les gens nous connaissent », a-t-il conclu, en espérant plus de flexibilité de la part du gouvernement.  

Grève taxis Matane

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

La ville de Matane compte 13 taxis.

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