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02 avril 2019

Dominique Fortier - dfortier@lexismedia.ca

Une chien agressif sème la panique à La Martre

Chien

©Photo Gracieuseté

Les bénévoles du refuge sont demeurés près de 10 heures sur place pour désamorcer la situation avec le chien agressif.

Après avoir mordu sévèrement son maître qui a dû se rendre d'urgence à l'hôpital, un chien agressif a empêché une femme aux prises avec des problèmes de santé de sortir de sa maison pendant près de 24 heures.

L'histoire a commencé mercredi soir dernier vers 19 h 30 quand un appel a été logé au Refuge L'ami des bêtes à propos d'un chien hautement agressif à La Martre. « La personne au bout du fil était en panique. Son copain avait été mordu par son chien qui avait dû se rendre à l'hôpital de Rimouski. Elle se retrouvait donc seule à l'intérieur de la maison avec le chien attaché dehors en avant de la seule porte donnant accès à la résidence », explique la responsable du refuge, Manon Parent.

Bien que La Martre ne fasse pas partie du territoire de couverture du refuge, Manon Parent, son conjoint Gaétan Savard et un bénévole, Florian Barriault, se sont rendus sur place afin de constater l'état de situation. « Il y avait quelqu'un en détresse qui voulait sortir de chez soi. Nous avons agi comme tout bon citoyen responsable en voulant lui porter secours », poursuit Manon Parent.

Une fois sur les lieux, les membres du refuge ont été en mesure de constater que le chien bloquait l'accès à la maison et démontrait des signes d'une grande agressivité. Des actions rapides devaient être prises pour désamorcer la situation. « La directrice générale et le maire de La Martre se sont rendus sur place mais personne d'entre nous n'était équipé pour intervenir. Nous avons naïvement cru qu'on allait nous aider », raconte la responsable du refuge.

C'est à partir de ce moment que le scénario se complexifie. « Nous avons eu plusieurs contacts téléphoniques avec les policiers de Sainte-Anne-des-Monts qui nous ont dit qu'il n'y avait pas d'urgence d'agir et que ce n'était pas dans leur mandat d'agir à ce moment-là. On nous a même proposé à un certain moment donné d'aller pelleter pour sortir la personne prise à l'intérieur par la fenêtre », ajoute Manon Parent, rappelant que le refuge n'a aucune juridiction pour intervenir à La Martre. Stupéfaits par ces réponses, les bénévoles du refuge ont poursuivi leurs démarches, ne désirant pas laisser la personne seule et apeurée dans la maison. « Elle devait sortir le lendemain matin pour des traitements médicaux essentiels à sa survie. S'il n'y avait pas urgence maintenant, la situation allait visiblement devenir urgente rapidement. Et je ne voyais pas Jésus venir s'occuper du chien miraculeusement pendant la nuit », laisse tomber Manon Parent.

Le lendemain soir, après avoir parlé autant avec les policiers que les agents de la faune et la sécurité civile que les bénévoles du refuge ont obtenu les médicaments pour endormir l'animal d'une centaine de livres. Ils ont d'ailleurs risqué de se faire mordre eux-mêmes en tentant s'approcher du chien pour le maîtriser à l'aide d'un collet. Ce n'est qu'après cette opération périlleuse que le vétérinaire s'est rendu sur place pour disposer de l'animal. Tout au long de l'intervention, de nombreux curieux étaient sur place. « Dans l'état dans lequel était le chien, il n'aurait pas fallu que celui-ci brise sa chaîne et se mette à attaquer les gens qui étaient sur le terrain. »

Qui est responsable?

Du côté de la municipalité de La Martre, la directrice générale, France Bergeron, déplore comment s'est déroulé tout cet événement. « On a réalisé qu'il y avait un manque flagrant de ressources et de coordination. On ne veut surtout pas revivre une telle situation. On se sentait impuissant. »

Peu de temps après, le conseil de ville a voté unanimement pour acheter une perche au refuge, réalisant la nécessité d'avoir un service pour s'occuper des animaux agressifs. Le maire, Yves Sohier, entend d'ailleurs sensibiliser les autres élus à cette situation. Actuellement, seule la ville de Sainte-Anne-des-Monts est officiellement partenaire du refuge.

Du côté de la Sûreté du Québec, le porte-parole, Claude Doiron explique que le mandat des corps policiers n'est pas d'euthanasier des animaux. « Nos policiers vont intervenir seulement en cas d'urgence. Par exemple, si un chien agressif nous empêche d'entrer dans une maison pour un cas de violence conjugale. Ou si les ambulanciers doivent venir en aide à quelqu'un qui aurait un arrêt cardiaque. En tout autre situation, ce sont les municipalités qui sont responsables d'avoir des mécanismes en place. S'ils ne possèdent pas les équipements nécessaires, ils peuvent faire affaire avec une municipalité voisine qui offre un tel service. »

Chien fou

©Photo Gracieuseté

Le chien empêchait l'accès à la résidence.

Même son de cloche du côté de la Sécurité civile qui explique que ce n'est pas son rôle d'intervenir auprès d'animaux dangereux. « Dans ce cas-ci, nous avons appuyé la dame du refuge avec des suivis téléphoniques. Nous avons davantage fait un travail de citoyen. Mais il en incombe aux municipalités d'être préparés pour ce genre de situation », explique Janique Lebrun directrice régionale à la Sécurité civile de la Gaspésie.

Cette histoire n'est pas sans rappeler un autre cas où le refuge avait dû intervenir. « On avait été appelé pour un chien qui avait mordu un enfant à Cap-Chat. Ne voulant pas payer les frais de prise en charge de l'animal, le propriétaire du chien s'en était débarrassé à Tourelle en l'attachant à un arbre avec une corde », relate Manon Parent.

En conclusion, les bénévoles du refuge souhaitent que ces événements servent de signal d'alarme pour qu'un plan d'intervention soit mis en place d'un bout à l'autre de la MRC. « On doit savoir qui fait quoi dans ces cas-là. Si on veut que le refuge s'en occupe, il faudra nous équiper de matériel spécialisé. Le geste de La Martre de nous offrir l'argent pour une perche est un pas dans la bonne direction. »

Rappelons que lors de l'ouverture du refuge, l'ensemble des municipalités avaient rejeté l'idée d'une contribution à raison d'un ou deux dollars par citoyen pour aider l'organisme à offrir le service sur l'ensemble du territoire de la MRC.

Commentaires

2 avril 2019

Michèle Lamarche

Un chien attaché dehors s'ennuie, devient anxieux , dépressif et agressif ! La S.P.A a demandé au gouvernement d'inclure dans la loi sur le bien-être des animaux l'interdiction d' enchaîner les chiens sur des longues périodes . Ce n'est pas toujours fait et ça presse . Je n'ai jamais vu autant de chiens enchaînés qu'à Ste Anne des Monts . Les chiens sont fait pour courir , se promener , vivre avec ses humains et surtout travailler mentalement .

4 avril 2019

Emilie Gendron

Ce que vous ignorez c'est que ce chien était un chien battu. Pour une fois dans sa vie il a dit: NON en se défendant et bang c'est encore l'animal qui paye.. Bravo!

28 avril 2019

Sylvie Girard

Pauvre bête agressée et battue ,attachée 24h sur 24, par des froid et chaleur intolérable est tellement cruel.Il faut une loi pour interdire une telle cruauté.Le maître devrait être arrêté et payer pour tout ce qu’il a fait subir à son animal.

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