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21 février 2019

Dominique Fortier - dfortier@lexismedia.ca

Rétablissement du caribou: un plan d'action qui soulève plus de questions que de réponses

Martin-Hugues Saint-Laurent

©Photo Dominique Fortier - L'Avantage Gaspésien

Le chercheur et biologiste, Martin-Hugues Saint-Laurent a présenté le fruit des études sur l'état actuel du caribou.

Le ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs a tenu une conférence de presse suivie d'un échange avec le public visant à communiquer les grandes orientations en matière de préservation du caribou en Gaspésie.

Ceux qui souhaitaient voir un document étoffé qui jetterait les bases des actions pour les années à venir en matière de rétablissement du caribou sont demeurés sur leur faim puisque tout ce qui a été présenté est un plan sommaire d'action avec des orientations générales. Comme l'explique Paul Saint-Laurent, le directeur général du MFFP pour le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, le véritable plan de rétablissement du caribou est toujours bien au chaud dans les bureaux du ministère. « Le plan de rétablissement fait actuellement l'objet d'analyses supplémentaires au niveau de l'aspect socioéconomique. On doit rencontrer nos partenaires qui ont des inquiétudes et prendre acte de leurs préoccupations. On s'attend alors à déposer le véritable plan de rétablissement au plus tard au printemps. »

Ainsi, ce qui a été présenté lors de la conférence de presse est une série de mesures générale se déclinant en trois phases. On entend poursuivre la lutte aux prédateurs en évaluant différentes avenues comme la prolongation de la période de trappage pour le coyote.

On parle aussi de la poursuite des efforts d'encadrement des utilisateurs récréatifs dans les secteurs jugés plus sensibles pour le caribou ainsi que l'application de mesures intérimaires de protection en ce qui a trait à l'aménagement forestier se traduisant par un moratoire sur la coupe de bois dans certains secteurs névralgiques et la suspension de la construction de nouveaux chemins jusqu'au dépôt du plan d'aménagement forestier prévu d'ici deux ans. « On garantit toutefois aux industriels forestiers que ça n'affecterait pas leur approvisionnement d'ici là. Le plan d'aménagement qui sera déposé servira à déterminer s'il y aura un coût en mètres cubes puisque le terrain de jeu sera réduit. Ce plan aura fait l'objet d'une analyse par le forestier-en-chef et d'une consultation avec les partenaires afin que les industriels puissent préparer leurs opérations », explique Paul Saint-Laurent.

État de situation du caribou

Le biologiste et chercheur, Martin-Hugues Saint-Laurent, a présenté en vrac, le résultat de plusieurs années d'études sur l'état actuel du caribou dont la population se chiffre autour de 70 âmes. Selon ce dernier, l'habitat naturel du caribou a grandement changé au cours des dernières années et la présence humaine a un impact sur la vie de la bête, bien qu'il soit difficile d'évaluer avec précision le degré d'importance de cette présence. « Les caribous ne réagissent pas tous de la même façon. La réponse est nuancée puisque nous observons que certains caribous perçoivent les randonneurs comme un danger alors que des femelles avec des faons restent près des sentiers. Elles investissent donc plus de temps dans leur alimentation et la survie du jeune. »

Pour ce qui est du ski hors-piste, les études tendent à démontrer que les caribous se réfugient en altitude lorsque des skieurs sont en mouvement. « Conséquemment, il augmente sa dépense d'énergie pour la consacrer à sa survie au détriment de son alimentation qui est déjà moins riche dans ces endroits où le caribou trouve refuge. D'autres se réfugieront en basse altitude là où ils sont davantage à risque de rencontrer des prédateurs. »

Pour ce qui est de l'impact des coupes forestières, Martin-Hugues Saint-Laurent fait le constat que les 25 dernières années ont été dévastatrices pour l'habitat du caribou. « On a essentiellement récupéré une grande partie des forêts matures en périphérie du Parc national de la Gaspésie pour les remplacer par des habitats hautement favorables aux prédateurs. En résumé, on a diminué de 50 % la disponibilité la forêt mature dans les 30 premiers kilomètres autour du Parc pour les remplacer par des coupes forestières. On a diminué de 60 % les grands massifs de forêt dans lesquels les caribous s'isolent et on a augmenté par trois, la quantité de bordures dans lesquels les prédateurs chassent le caribou avec succès. »

Pour contrer ces bouleversements, le comité de rétablissement de caribou a émis différentes recommandations qui sont incluses dans le plan de rétablissement. En vrac, on propose la fermeture de certaines voies d'accès et la revégétalisation pour aider les différents secteurs favorables aux caribous à se reconnecter. « L'identification d'aires protégées qui reconnectent et conservent l'habitant naturel du caribou est une première stratégie. Divers types d'activités pourraient être autorisées et d'autres seraient nuancées. »

Pour Martin-Hugues Saint-Laurent, le statu quo mènera inévitablement à l'extinction du caribou, de là l'importance d'agir rapidement et agressivement, autant auprès des prédateurs que sur le plan des coupes forestières dans les secteurs sensibles.

Carte caribous

©Photo Gracieuseté - Ministère Forêts, Faune et Parcs

Carte des secteurs sensibles pour le caribou.

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