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30 janvier 2019

Stéphane Quintin - squintin@lexismedia.ca

Revalorisation du patrimoine : des légumes pour chauffer l’église Saint-Jérôme ?

Avenir des églises

Église Saint-Jérôme de Matane culture verticale Inno-3B

©Gracieuseté - L'Avantage Gaspésien

Une entreprise innovante de culture maraîchère d’intérieur a été approchée par le comité de sauvegarde de l’église Saint-Jérôme pour voir si le concept serait applicable à Matane.

Alors que la fabrique de la paroisse Cœur-Immaculé-de-Marie, propriétaire de l’église Saint-Jérôme de Matane, mise en vente et fermée après la dernière célébration du 7 octobre 2018, a bon espoir de trouver un acquéreur pour le bâtiment cette année, le comité de sauvegarde, qui a permis de garantir le chauffage du bâtiment cet hiver, a entamé des démarches auprès d’une entreprise innovante de culture maraîchère d’intérieur, pour voir si le concept pourrait être appliqué à Matane.

En pleine croissance, l’entreprise Inno-3B, basée à Saint-Pacôme, dans la MRC de Kamouraska, est un équipementier inédit ayant développé des machines capables de faire pousser des plantes et des légumes, été comme hiver, sur des plateaux empilés verticalement à l’intérieur d’un édifice. La chaleur produite par cette technologie permet par ailleurs de contribuer au chauffage du bâtiment. Avec des investissements de 1,6 M$ dans ce projet annoncés l’automne dernier par le gouvernement du Québec, le concept semble avoir le vent dans les voiles. L’objectif de l’entreprise est de pouvoir installer ce principe d’agriculture verticale à l’intérieur de l’église de la paroisse, des travaux évalués à près de 5 M$. Un organisme à but non lucratif, Les jardins du clocher, se chargera de la gestion et de la vente des légumes. Près de 100 000 kg de nourriture pourraient être produits par année sur place.

À la recherche de pistes de revalorisation de l’édifice patrimonial matanais, le comité de sauvegarde de l’église Saint-Jérôme a entamé des démarches auprès de cette entreprise, pour évaluer la faisabilité d’un projet similaire à Matane. Le comité soumettra un projet au fonds vert de la Ville pour financer une première étude. Concepteur de machines spécialisées dans les cultures verticales d’intérieur, Inno-3B, qui n’est pas un producteur agricole, se définit avant tout comme un équipementier. Bien que les églises ne représentent pas le marché originellement ciblé par l’entreprise, les potentialités qui en découlent l’ont amené à recevoir plusieurs appels de ce type, concernant l’avenir de bâtiments religieux dont les fermetures s’accumulent à l’échelle du Québec. Saint-Pacôme sera la première vitrine de cette technologie dans la province, que certains Matanais voudraient importer.

Culture verticale intérieur Inno-3B

©Gracieuseté

Inno-3B est un équipementier québécois qui a développé un concept de culture verticale d'intérieur générateur de chaleur.

Le comité de sauvegarde à la recherche de projets

Au cours des dernières semaines, le comité de sauvegarde de l’église Saint-Jérôme, qui s’est constitué pour parvenir à financer le chauffage du bâtiment cet hiver, pour lequel près de 50 000 $ de promesses de dons ont été reçues, a retenu plusieurs projets qui permettraient de diminuer les coûts de chauffage de l’église, assurés bénévolement par une partie de la population. Un entrepreneur matanais, Communication internet Morin, propose notamment l’installation de douze serveurs informatiques qui pourraient assurer une partie du chauffage de l’édifice grâce à la chaleur dégagée par les appareils. Une entreprise de la Matapédia, Gestion Conseils PMI, a été aussi approchée pour proposer des solutions de chauffage dans le domaine de la biomasse. Enfin, le comité souhaiterait pouvoir bénéficier d’un droit de visite de l’église, en présence d’un membre du conseil de fabrique, pour vérifier l’isolation du bâtiment et réduire ainsi ses coûts de chauffage.

Église Saint-Jérôme de Matane

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

Plusieurs solutions sont envisagées par le comité de sauvegarde de l'église Saint-Jérôme pour tenter de réduire les coûts de chauffage du bâtiment.

« Tant que l’évêque ne donnera pas son autorisation pour le maintien d’une vocation religieuse sur place, à travers par exemple la venue de la Fraternité Saint-Pierre, nous allons nous concentrer sur l’objectif de trouver une vocation viable pour l’édifice, en entamant différentes démarches auprès d’entreprises et d’organismes qui pourraient s’intégrer à l’avenir de l’église », a expliqué le président du comité, Paul Gauthier, qui aimerait que la fabrique rende Saint-Jérôme accessible pour des visites en ce sens. M. Gauthier regrette par ailleurs que des citoyens soient « tenus à l’écart » des démarches effectuées auprès d’éventuels acquéreurs et invite tous les citoyens intéressés par le dossier ainsi que les donateurs pour le chauffage à se rendre à la salle civique de l’hôtel de ville le mardi 12 février 2019, à 19 h, pour une réunion publique d’information.

« Nous ne sommes pas à la recherche de solutions pour réduire les coûts de chauffage de l’église mais à la recherche d’un acquéreur à qui il reviendra d’entamer ces démarches par la suite. » - Michel Barriault, président du conseil de fabrique de la paroisse Cœur-Immaculé-de-Marie

La fabrique confiante de trouver un acquéreur

Dans un contexte où, selon le président du conseil de fabrique de la paroisse, Michel Barriault, leur situation financière actuelle les a poussés à diminuer les heures de travail d’un homme d’entretien et à ne pas renouveler le poste d’une agente de pastorale partie à la retraite, leur priorité demeure la sauvegarde de la communauté chrétienne de Matane. « C’est la raison principale qui nous a poussés à nous départir de l’église Saint-Jérôme : assurer la survie de la communauté et maintenir sur place les activités pastorales, suivies par près de 400 enfants inscrits en catéchèse. L’argent est le nerf de la guerre. Quand il n’y en a pas, nous sommes tenus de faire des choix difficiles », a complété M. Barriault, qui a précisé que son objectif était aussi la sauvegarde de l’église Saint-Jérôme, pour l’avenir de laquelle il s’est dit prêt à étudier toutes sortes de projets, dans la mesure où l’édifice puisse servir à une vocation autre que religieuse, pour des organismes communautaires, culturels ou une entreprise privée.

Église Saint-Jérôme de Matane

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

L'église Saint-Jérôme a été fermée et mise en vente après sa dernière célébration du 7 octobre.

Le président de la fabrique a souligné sur ce point qu’une cession était aussi envisageable si le projet s’y prêtait. Il a voulu rappeler que la foi n’était pas une question de bâtiment et a jugé intéressantes les idées avancées par le comité de sauvegarde, bien que la fabrique ne puisse pas en financer les études de faisabilité. « La fabrique est heureuse que des gens contribuent au coût du chauffage de Saint-Jérôme mais n’a pas les moyens de la conserver pour autant. Nous ne sommes pas à la recherche de solutions pour réduire les coûts de chauffage de l’église mais à la recherche d’un acquéreur à qui il reviendra d’entamer ces démarches par la suite. La fermeture de Saint-Jérôme n’est pas une fin en soi. Dans le cadre d’un projet structurant et de partenaires sérieux, si un accès au bâtiment était nécessaire, nous allons le garantir », a conclu M. Barriault, qui s’est dit confiant de trouver un acquéreur d’ici à la fin de l’année.

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