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23 août 2018

L’église Saint-Jérôme devrait célébrer sa dernière messe le 7 octobre avant de fermer ses portes

Église Saint-Jérôme Matane

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

La dernière messe célébrée dans l'église Saint-Jérôme de Matane devrait avoir lieu le dimanche 7 octobre, avant d’être suivie par une fermeture définitive de ses portes.

La longue saga de l’église Saint-Jérôme de Matane, qui soulève bien des passions parmi les paroissiens, notamment depuis l’annonce de sa fermeture à la rentrée le 28 février dernier par le conseil de fabrique de la paroisse Cœur-Immaculé-de-Marie, connaît cette semaine un nouveau rebondissement : selon l’économe diocésain de l’archevêché, Michel Lavoie, la dernière messe sera célébrée sur place le 7 octobre, ce qui a été confirmé par Michel Barriault, président de la fabrique.

La nouvelle était tombée comme un couperet le 28 février dernier : l’annonce, par le conseil de fabrique, d’une fermeture de l’édifice religieux à l’automne devant près de 250 paroissiens, où les visages crispés en disaient long sur l’attachement développé envers l’église patrimoniale de Matane. Reconstruite en 1933 à la suite d’un incendie, cette dernière avait été saluée par l’historien de l’art Gérard Morisset comme « une œuvre qui fera école », caractérisée notamment par son intérieur inspiré du style Dom-Bellot. L’historienne de l’art Nicole Tardif-Painchaud avait considéré pour sa part qu’il s’agissait de « l’une des premières manifestations de l’art religieux moderne au Québec ». Pourtant, l’information avancée par le vice-président du conseil de la fabrique, Guy Loisel, n’avait pas manqué alors d’avoir l’effet d’un coup de semonce : « C’est à regret que l’on doit constater que l’église Saint-Jérôme constitue maintenant pour nous un gouffre financier sans fond ». Considérant la décroissance de la pratique religieuse, il a été avancé ce soir-là que Matane ne pourra plus conserver qu’un seul lieu de culte, et que les coûts de rénovation prioritaires, estimés à près de 2,1 M$, et la facture de chauffage de l’église, présentée comme exorbitante, devaient pousser ce qu’il reste de paroissiens à Matane à se tourner vers l’église Saint-Rédempteur.  

Église Saint-Jérôme de Matane intérieur style Dom-Bellot

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

L'intérieur de l'église Saint-Jérôme de Matane est caractérisé par un style inspiré de l'architecte Dom Bellot et a été salué par plusieurs historiens de l'art.

Une dernière messe déjà prévue    

À l’approche de la fin de l’été, alors que des clôtures autour de l’église avaient été évoquées en février pour l’automne, des citoyens ont profité de la dernière séance publique du conseil municipal pour interpeler le maire de Matane sur le dossier et chercher à savoir si de nouvelles rencontres avaient eu lieu entre la Ville et la fabrique. « C’est sûr qu’on ne souhaite pas vivre une situation similaire à celle de Rimouski, avec la cathédrale, mais avant de mettre la main sur ce bâtiment-là, il va nous falloir un projet solide autour de la future salle de spectacle. Ce n’est pas la fabrique qui va gérer l’agenda du conseil municipal », a réagi Jérôme Landry. Rappelons que la fabrique, propriétaire de l’église, avait tenté de céder le bâtiment à la Ville pour la somme symbolique de 1 $ en février dernier.

Contacté ce jeudi alors que l’échéance de la fermeture annoncée se rapprochait, l’économe diocésain Michel Lavoie a expliqué que les paroissiens de Matane ne pouvaient plus continuer à financer deux églises dans la situation de déchristianisation actuelle. Il a ainsi précisé qu’une fermeture du bâtiment aurait bien lieu à la suite de la dernière messe qui sera célébrée par le curé Normand Lamarre le dimanche 7 octobre. Par ailleurs, il a mentionné que le bâtiment commencerait à être vidé et que le mobilier serait sans doute mis en vente par la fabrique. Selon lui, un acheteur aurait déjà été approché au sujet de l’orgue Casavant.

 

« Je suis conscient qu’il s’agit d’un sujet très émotif. Malheureusement, il ne faut pas se conter d’histoires mais faire preuve de réalisme. Lorsqu’on voit l’âge des paroissiens actuels, la quantité de cheveux blancs a de quoi laisser inquiet sur l’avenir de la communauté paroissiale. Combien, parmi les jeunes de la catéchèse, continueront à aller à la messe après leur première communion ou leur confirmation ? Le cas de Matane n’est pas unique au Québec et les chiffres doivent être regardés en face », a voulu rappeler M. Lavoie, en précisant néanmoins qu’il n’était pas encore question de désacralisation de l’édifice et en reconnaissant que le ministère de la Culture avait commis une erreur en subventionnant la réfection récente du clocher. « À l’époque, on ne pouvait pas encore prévoir qu’on serait rendu à une telle situation », a-t-il déclaré d’une voix résignée en mentionnant la chute drastique de la fréquentation des églises et en rappelant que la communauté catholique de Matane, pour sa survie même, devait penser aux gens plutôt qu’aux pierres. Il a conclu son coup de fil en évoquant un passage des Évangiles, « les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité », soulignant, selon les paroles de Jésus, l’effacement des temples de pierre devant les temples du corps, l’esprit de Dieu habitant en chaque homme.

Église Saint-Jérôme de Matane noms campagne financement restauration clocher

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

Au moment de la campagne de rénovation du clocher, plusieurs personnes avaient acheté symboliquement un banc pour y inscrire leur nom. La liste est conservée à l'intérieur de l'église.

Des défenseurs de l’église mobilisés durant l’été

À la fin du printemps, des défenseurs de l’église avaient fait parvenir à l’archevêque de Rimouski, Denis Grondin, une lettre ouverte soutenue par 400 signataires qui lui demandait de ne pas se précipiter dans le dossier et de s’assurer d’avoir bien vérifié toutes les solutions avant de procéder à une fermeture du bâtiment. Ils refusaient de rester les bras croisés et voulaient souligner l’immense déception que provoquerait la disparition d’une église dont la restauration du clocher, il y a près de quatre ans, avait déjà nécessité des investissements d’environ 1,5 M$. Une délégation, constituée notamment d’Aldéa Sirois et de Maurice Gauthier, fortement impliqués dans cette campagne de financement ayant permis d’amasser selon eux près de 600 000 $, est parvenue à rencontrer Mgr Grondin le mois dernier pour lui demander un moratoire sur le sujet et souligner le côté « anti-démocratique » de l’annonce unilatérale du 28 février. Rappelons qu’un prélat du Vatican, le cardinal Robert Sarah, les avait invités à poursuivre le dialogue avec l’archevêché.

Église Saint-Jérôme défenseurs

©Stéphane Quintin - L'Avantage Gaspésien

Une cinquantaine de paroissiens s'étaient réunis sur le parvis de l’église Saint-Jérôme à l’issue de la célébration de la Fête-Dieu le 3 juin dernier, pour montrer leur attachement à l’édifice.

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