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Des Matanais demandent à la Ville d’entretenir l’accès au fleuve sur la rue Caouette


Publié le 9 mai 2018

L'accès à l'escalier de la rue Caouette, menant vers le fleuve à Matane, avait été fermé par la Ville durant l'été 2017, près de huit ans après son inauguration.

©Photo TC Media – Stéphane Quintin

Ayant œuvré à l’inauguration, en 2009, de l’escalier de la rue Caouette, offrant un accès direct à la plage de Matane, le comité de la « Berge ensoleillée », inquiet de la détérioration du site depuis sa fermeture l’été dernier, a profité du dernier conseil municipal pour interpeller les autorités sur le dossier.

Au niveau des rues Caouette et Bernier, dominant le fleuve à Matane, l’inquiétude des riverains se fait grandissante. Leur nostalgie aussi. L’ambiance crépusculaire qu’on sent régner sur place ne s’explique pas seulement par les impressionnants couchers de soleil qu’on peut venir y admirer mais semble aussi provoquée par l’amer constat des ravages du temps sur ce paysage enchanteur.

Un bris de conduit d'évacuation des eaux de pluie aurait notamment participé à l'augmentation des dégradations sur le sentier.
Photo TC Media – Stéphane Quintin

Moins de dix ans à peine après l’inauguration, à l’été 2009, d’un nouvel escalier donnant accès au fleuve, l’état de l’ouvrage présente aujourd’hui plusieurs aspérités, engendrées notamment par le bris d’une conduite d’évacuation des eaux pluviales, à l’origine de cratères sur le sentier qui descend vers la plage. À l’été 2017, la Ville, propriétaire du terrain, avait finalement décidé d’installer des barrières aux deux entrées de l’escalier, pour en interdire l’accès. Depuis, les bénévoles du comité de la « Berge ensoleillée » tentent tant bien que mal d’entretenir les lieux. Lundi dernier, ils se sont tournés vers les autorités municipales pour les sensibiliser au problème.

C’est un endroit vraiment unique à Matane. Il suffit de s’éloigner de quelques pas de la 132 et on est instantanément plongé dans un nouveau monde.

Corinne Miousse, membre du comité de la Berge ensoleillée

Un atout touristique en état de dépérissement

Le comité de la Berge ensoleillée s'était formé en 2008 pour favoriser l'accès au fleuve par les citoyens de Matane.
Photo gracieuseté Romain Pelletier

Développé à l’automne 2008, le projet, soutenu fortement au conseil par Mario Hamilton, s’était concrétisé durant l’été 2009, lors de son inauguration officielle. Il faisait suite au démantèlement d’un ancien accès par Irving, propriétaire des terrains sur la pointe Hurle-Vent, à proximité du Riôtel, où la pétrolière avait installé ses réservoirs jusqu’en 1972. Déçus de ne plus pouvoir descendre en direction du fleuve, plusieurs Matanais s’étaient alors associés pour participer à la création de ce nouvel accès et perpétuer la jouissance de ces paysages apaisants de bord de mer.

Inauguré en 2009, le sentier présente depuis plusieurs aspérités, notamment accentuées par un bris de conduit d'évacuation des eaux pluviales.
Photo gracieuseté Romain Pelletier

« C’est un endroit vraiment unique à Matane. Il suffit de s’éloigner de quelques pas de la 132 et on est instantanément plongé dans un nouveau monde », a souligné Corinne Miousse, membre du comité. Les bancs installés au sommet de la falaise en direction du couchant, à la fois prisés par des citoyens et quelques touristes de passage, témoignent de cette quiétude du lieu, où le bruit de la circulation est couvert par le rugissement des vagues et les cris des goélands. « La Ville ne devrait pas laisser à l’abandon des endroits pareils », a regretté Mme Miousse. Avec d’autres citoyens, elle faisait partie de la délégation venue interpeller le conseil municipal lundi dernier sur le sujet.

Jérôme Landry prêt à agir avec prudence

Sur la pointe Hurle-Vent, proche du Riôtel, l'instabilité du secteur a été signalée par plusieurs panneaux d'avertissement.
Photo TC Media – Stéphane Quintin

« Des travaux d’ampleur dans ce secteur coûteraient une fortune, sans avoir la garantie que cet ouvrage puisse avoir une pérennité dans le temps. On souhaite effectivement que les citoyens aient un accès au fleuve mais on est confronté à cet endroit à une problématique au niveau de l’érosion, qu’on a déjà beaucoup vécu sur le territoire de Matane. On va regarder si on peut effectuer une intervention mineure mais je ne crois pas qu’il soit possible de faire un ouvrage important dans ce secteur, jugé beaucoup trop instable », a réagi M. Landry, désireux d’arriver à un compromis raisonnable sur le dossier.

Les couchers de soleil souvent exceptionnels observables depuis les lieux ont valu au secteur le nom de « sentier de la berge ensoleillée ».
Photo gracieuseté Romain Pelletier

Venu constater par lui-même l’état des lieux dès le lendemain, le maire de Matane a reconnu la beauté du secteur et l’aspect inédit du point de vue sur le fleuve. La position de l’escalier sur le flanc de la falaise rend néanmoins les enjeux plus complexes, ce qui est d’ailleurs concédé par les citoyens eux-mêmes, surtout désireux de voir la Ville réparer les problèmes de tuyauterie, ayant accéléré la dégradation du sentier. En attendant, ne pouvant se voir barrer l’accès à un site d’exception, plusieurs Matanais continuent à braver l’interdiction pour entretenir les lieux bénévolement et continuer à jouir du sentier de la Berge ensoleillée, dont la menace de disparition ne leur semble encore pas trop inexorable.