Au revoir Michel Therrien, bon retour Claude Julien!

La chronique hockey de Martin McGuire

Publié le 15 février 2017

Claude Julien remplace Michel Therrien comme entraîneur du Canadien de Montréal.

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À ma grande surprise, Marc Bergevin a bougé. L’entraîneur Michel Therrien a perdu son poste!

Après ce que l’on vient de vivre, il est clair que le propriétaire Geoff Molson n’a plus envie d’attendre et de faire dans la demi-mesure. Le message est clair : le proprio du Canadien veut ce que les partisans souhaitent, une 25e Coupe Stanley et pas dans cinq ans! Martin McGuire

La gifle subie à Boston dimanche soir dernier en présence de Geoff Molson a sûrement accéléré le processus. L’accessibilité de Claude Julien créait aussi une conjoncture favorable.

Est-ce que Therrien aurait pu terminer la saison à Montréal? Je pense que oui. Mais la dernière glissade de l’équipe, malgré le retour de la plupart des blessés, a inquiété la haute direction.

La glace épaisse qu’il y avait sous l’équipe en raison de l’avance accumulée avant les Fêtes, commençait à fondre, comme celle de nos lacs en avril. Ça devenait dangereux de marcher là-dessus. La pause de cinq jours était le moment idéal.

Revenons au dossier de Claude Julien, un entraîneur avec lequel Bergevin a collaboré cet hiver lors de la Coupe du monde. Pour avoir entendu quelques fois Bergevin citant Julien et son bon jugement, il fallait s’attendre à ce que le directeur général du Canadien (CH) soit titillé de faire son embauche.

Sachant que le critère numéro 1 pour être entraîneur du Canadien est de conjuguer l’expérience et le fait de parler français, il n’y avait pas beaucoup de candidats. Le lien tissé avec Shea Weber et Carey Price à la Coupe du monde, deux leaders incontestés du CH, a dû peser lourd.

Il fallait entendre les propos de Julien le printemps dernier lorsque  le CH a troqué P.K. Subban contre Weber…

Julien s’est aussi occupé des défenseurs, autant aux Jeux à Sotchi qu’à la Coupe du monde. Il avait le désavantage numérique comme responsabilité et a travaillé en étroite collaboration avec Shea Weber.

Une 25e Coupe Stanley maintenant pas dans 5 ans

Bergevin est un dirigeant old school, qui croit en la discipline et l’engagement total envers le système de l’équipe. C’est ainsi qu’il veut voir gagner son équipe. La défensive, Marc Bergevin en fait sa marque de commerce. Il l’a répété environ 40 fois depuis son arrivée : c’est ainsi qu’on gagne les championnats. Claude Julien est bâti du même ADN, donc les rapprochements sont faciles à faire.

Ce fut sûrement une décision très difficile de limoger Michel Therrien, un des entraîneurs qui a récolté le plus de victoires dans l’histoire du Canadien, surtout lors de son deuxième passage qui a duré cinq ans. Les deux hommes avaient une relation solide, mais les lois du sport sont implacables.

Pour le DG du CH, il était impensable que le Canadien ne participe pas aux séries pour une deuxième année de suite.

C’est devenu inquiétant lorsque les leaders ont fléchi lors des cinq derniers matchs. Les rencontres survenues en confessionnal dans un hôtel de l’Arizona ont peut-être amené Bergevin vers une décision rapide. Il a peut-être senti que les leaders n’étaient plus derrière leur coach.

On pourra le penser, mais personne ne le dira tout haut, pas même Therrien, qui se contentera de remercier le Canadien de Montréal. C’est comme ça dans le business du sport professionnel. Ces gens sont bien traités, on les paie bien, leur contrat est garanti, mais ça reste difficile pour l’ego.

Therrien, lors de son deuxième séjour, aura démontré qu’il est un bon coach. Ce dont plusieurs doutaient après son renvoi des Penguins.

Je demeure convaincu que quelqu’un, quelque part, pensera à lui lorsqu’il aura besoin d’un coach d’expérience pour donner un remède fort et rapide à son équipe malade. Exactement ce que Marc Bergevin a fait en embauchant Claude Julien.

Michel Therrien a la carapace épaisse, il s’en sortira.

En attendant, en effectuant un changement comme ça, dans la fenêtre du dernier tiers de la saison régulière, Marc Bergevin joue gros. C’est maintenant lui qui est au bâton. L’équipe du Canadien devra veiller tard en séries. Après ce que l’on vient de vivre, il est clair que le propriétaire Geoff Molson n’a plus envie d’attendre et de faire dans la demi-mesure. Le message est clair : le proprio du Canadien veut ce que les partisans souhaitent, une 25e Coupe Stanley et pas dans cinq ans!

Claude Julien se voit offrir un défi intéressant. Après avoir dirigé les Bruins pendant dix ans, les avoir menés vers un championnat, malgré qu’au printemps 2011 les Bruins n’étaient pas la meilleure équipe, il aurait très bien pu s’asseoir chez lui et attendre une opportunité de la part d’une équipe comme Las Vegas.

Mais pourquoi donc aller s’évanouir dans un marché comme ça, où il y aura peu d’attentes, alors qu’en acceptant l’offre de Bergevin et alors qu’il est considéré par ses pairs comme un des cinq meilleurs entraîneurs actifs dans la LNH, il a la chance de diriger l’équipe qui a le plus d’histoire et de prestige de la Ligue?

Comme dirait mon ami Bergie : « Poser la question, c’est y répondre. » Quand tu es considéré parmi les meilleurs, tu veux le montrer, tu relèves les gros défis comme celui qui l’attend à Montréal.

Lors d’une discussion privée il y a quelques années, Claude me lâchait la phrase suivante : « Tu sais, j’ai changé, les choses sont différentes pour moi. Je comprends la game  ». C’est ce que Boston a fait à Claude Julien; il a appris à conjuguer avec la pression qui vient de l’extérieur du cadre de son équipe. Là, il saura comment faire lorsque son équipe traversera une tempête. Et comme vous le savez, chez le CH, il y en aura encore quelques-unes…

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Michel Therrien a été congédié le 14 février.

© THE CANADIAN PRESS/Graham Hughes