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Monstre de Matane : l'ex-guide de chasse Claude Lavoie acquitté


Publié le 4 octobre 2017

L'ex-guide de chasse Claude Lavoie a été acquitté dans la saga entourant la recherche de l'orignal atypique appelé « Monstre de Matane ».

©Photo Langis Paradis

JUDICIAIRE. Le juge Serge Francoeur de la Cour supérieure a rejeté l'appel du Directeur des poursuites criminelles et pénales dans l'affaire de l'ex-guide de chasse Claude Lavoie, confirmant ainsi son acquittement.

Le 11 septembre 2015, au palais de justice de Mont-Joli, le juge Jean-Paul Decoste avait d'abord acquitté Claude Lavoie des accusations d'avoir omis de déclarer à un agent de la protection de la faune, sans délai, un animal trouvé mort ou blessé qui pesaient contre lui. Le ministère public avait alors décidé de porter la cause en appel.

Dans son jugement, daté du 1er septembre 2017, le juge Francoeur soutient que Claude Lavoie « avait pris toutes les précautions raisonnables pour éviter la commission de l'infraction. »

Selon la preuve soumise par la défense, le guide a inscrit immédiatement sur la carte maîtresse (au camp de l'Étang à la truite) l'endroit où l'original atypique, communément appelé Monstre de Matane, a été touché par balles, mais non retrouvé le 15 septembre 2011.

Le 17 septembre 2011, Claude Lavoie indique sur la même carte l'endroit où il retrouve l'orignal. Bien qu'il se trouve éloigné en forêt, avec des moyens de communication réduits, il avise le guide et assistant à la protection de la faune Dion Skiffington du résultat positif de sa recherche par radio émetteur.

Le lendemain (18 septembre), il se rend à la barrière de la réserve faunique de Matane indiquant à nouveau l'endroit où la bête a été retrouvée. La preuve a également démontré que cette carte était régulièrement consultée par les agents de conservation de la faune.

« Dans les faits particuliers ici rencontrés, la preuve révèle que l'intimé a pris toutes les précautions raisonnables pour éviter la commission de l'infraction. C'est lui en demander plus qui serait déraisonnable », a tranché le juge Serge Francoeur avant de rejeter l'appel de la Couronne.

Le magistrat a, par ailleurs, souligné que le procès en première instance dans cette affaire a nécessité cinq jours d'audition alors que l'article 166 de la loi prévoit une amende minimale de 250 $ et d'au plus 750 $ pour une telle infraction.

Le procureur de la défense Me Éric Tremblay et son client, Claude Lavoie, sont dits satisfait de ce deuxième acquittement obtenu au terme de l'appel, qualifiant les procédures de question de principe dans cette affaire.

Dans un entretien exclusif accordé à TC Media Nouvelles en septembre 2016, Claude Lavoie avait alors confié avoir traversé cinq années d'enfer. Cet amateur, instructeur et dépisteur de hockey, actif dans le domaine public, a dû abandonner ses nombreuses implications. Il est demeuré plusieurs mois sans être en mesure de quitter son domicile faisant l'objet d'attaques ou de remarques désobligeantes.

Monsieur Lavoie a intenté une poursuite au civil à l'égard du chasseur Jérémy Boileau. Il lui réclame 275 000 $ pour atteinte à sa réputation et diffamation dans la saga entourant le panache du Monstre de Matane.

Claude Lavoie exige des explications

À la lumière de ce jugement, Claude Lavoie exige maintenant des explications au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec. « Il faut que les hauts dirigeants du ministère nous fournissent des explications ; à moi, à la SÉPAQ et aux guides de chasse. Avec ces procédures, deux agents de protection de la faune ont brisé un lien de confiance établi durant de nombreuses années entre la Réserve Matane et les autorités de protection de la faune. »