En toute indiscrétion avec Claude Doiron


Publié le 22 janvier 2017

Claude Doiron

©Photo gracieuseté

SÛRETÉ DU QUÉBEC. Dans l’Est-du-Québec, le sergent Claude Doiron est le visage et la voix de la Sûreté du Québec auprès des médias et, donc, de la population. Après 20 années comme policier sur le terrain, M. Doiron est passé au service des communications en 2012. Rencontrez l’homme derrière le micro.

Qu’est-ce qui vous a motivé à intégrer les forces de l’ordre, dans votre jeunesse ?

J’ai probablement développé ce désir alors que plus jeune, à Murdochville, je faisais partie du mouvement des cadets de la marine. On nous inculquait de bonnes valeurs comme le respect ou encore comment s’investir auprès des autres et ça s’est poursuivi durant plus de six années. Un désir de justice et de parfois faire la petite différence auprès des gens qui en ont le plus besoin, font aussi parti des raisons qui m’ont poussé vers cette carrière.

Qu’est-ce qui vous a amené à passer du côté des communications ?

Probablement un long cheminement naturel alors que parallèlement à mon travail sur le terrain, je m’investissais depuis plusieurs années déjà dans l’enseignement ou la présentation de conférences sur divers sujets en lien avec des programmes de prévention dans les écoles ou ailleurs.

Est-ce plus difficile de voir passer la liste de tous les accidents ou crimes qui ont lieu sur le territoire, ou de devoir intervenir sur le terrain ?

Je vous dirais que les deux ont leur niveau de difficulté. Sur le terrain, j’étais parfois confronté à des situations difficiles comme de devoir rencontrer des parents pour leur annoncer en pleine nuit la mort de leur enfant victime d’un accident de la route. Au service des communications, il n’est pas plus facile de faire l’annonce d’une personne qui vient de décéder dans une collision de la route ou autrement et aujourd’hui, j’ai toujours cette pensée pour les proches dont la vie vient de basculer par le décès d’un être cher et cela me touche beaucoup. Il en est de même lorsque j’annonce l’arrestation d’une personne pour un crime quelconque, je sais que la vie de celle-ci ou de ses proches vient aussi de prendre un tournant.

Comment le métier de policier a-t-il évolué depuis vos débuts ?

Bien que j’adore encore mon travail de policier, je vous dirais que de nos jours, ce travail est devenu beaucoup plus exigeant qu’il ne l’était jadis. Les gens sont de plus en plus critiques face à notre travail et avec l’avènement des médias sociaux, beaucoup s’improvisent « spécialiste en enquête policière » où, sous le couvert de l’anonymat en utilisant un pseudonyme, il est bien facile de juger une intervention policière sans en connaître tous les détails. Il en est de même avec les gens qui prennent plaisir à filmer des interventions policières avec leur appareil cellulaire pour ensuite les diffuser sur les médias sociaux où le seul but est de faire mal paraître les policiers. On n’y voit que très rarement les séquences où le policier est insulté, provoqué, menacé ou, pire encore, frappé. Les gens qui voient ça se font alors une opinion des policiers à partir d’une information qui est biaisée. Je ne dis pas par contre que l’abus policier n’existe pas, de l’abus il y en a dans tous les métiers.

Le trait de votre personnalité qui vous distingue ?

L’empathie, l’intégrité et la bonne humeur sont certainement des traits de ma personnalité qui me distinguent, mais ceux qui me connaissent bien savent aussi que ma consommation à vie de tout ce qui est alcoolisé, se limite à peu près aux quelques gorgés volées dans la bière de mon père lorsque j’étais enfant, donc je ne sais pas ce que goûte le vin, ou autre boisson du même genre et je n’ai jamais eu l’impression pour autant d’être passé à côté de quelque chose d’important.

Une habitude dont vous aimeriez vous débarrasser ?

La consommation de boissons gazeuses, malgré tous les efforts de l’industrie avec les produits diète, sans sucre, zéro calorie, sucré au sucre naturel etc., ça reste que c’est tout plein de produits chimiques.

Qu'est-ce qui vous met hors de vous ?

Les abus de toute sorte touchant des enfants, ou encore un parent qui dispute sans ménagement son enfant sur la place publique, non vraiment je ne suis pas capable, il m’est déjà arrivé à quelques reprises d’intervenir, avec ménagement cependant, auprès du parent concerné. Les gens qui profitent des autres en raison de leur vulnérabilité, les images de ces gens victimes de la guerre, ce sont tous des sujets qui me touchent profondément.

Le bonheur selon Claude Doiron ?

Pour moi, un petit bout de papier avec les mots « je t’aime » laissé par ma fille de 11 ans dans ma boîte à lunch le matin fait ma journée.

Un rêve à réaliser ?

Vivre assez vieux pour voir mes enfants devenir des adultes, avec tout ce qui vient avec.

En vrac

Un moment de la journée : 16 h, c’est le moment où je quitte le boulot pour aller rejoindre une petite famille heureuse qui m’attend à la maison.

Hiver ou été : Certainement l’été. À 28°C je commence à peine à me sentir bien !

Un passe-temps : Le camping.

Un plaisir coupable : Une bonne poutine et Dieu sait combien on en fait des bonnes en Gaspésie et aux Îles.

Un coup de cœur : Un endroit pittoresque en Gaspésie où on fabrique à la main divers sortes de savons faits à partir de lait de chèvre, l’endroit où est situé cette petite entreprise vaut à lui seul le détour.