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Le besoin d'un refuge animalier en Haute-Gaspésie est de plus en plus criant


Publié le 9 août 2017

Cette petite chatte secourue a été baptisée Mignone, un nom qui lui va plutôt bien.

©Photo TC Media - Dominique Fortier

Selon l'instigatrice du projet de refuge pour animaux en Haute-Gaspésie, Manon Parent, il y a urgence d'agir dans ce dossier puisque les besoins sont de plus en plus criants.

:« Notre famille répond encore aux urgences car nous sommes incapables de concevoir qu'un animal souffre mais nous le faisons à nos propres frais. Contrairement à ce que plusieurs personnes pensent, le refuge n'est pas encore ouvert », explique l'amoureuse des animaux, Manon Parent.

Il y a maintenant plusieurs mois que le projet est couché sur papier mais les choses avancent trop lentement au goût de l'instigatrice. « Nous avons fait des représentations auprès de la MRC et des villes de Cap-Chat et Sainte-Anne-des-Monts mais jusqu'à maintenant, nous n'avons pas de nouvelles. Notre projet est pourtant solide. Il a été proposé au CLD, nous possédons les permis nécessaires et des terrains ont été ciblés. »

Cette adorable petite créature à quatre pattes, baptisée Rosanna, se cherche aussi une famille aimante.
Photo TC Media - Dominique Fortier

Le projet consiste à ouvrir un refuge qui couvrirait l'ensemble des municipalités de la MRC de la Haute-Gaspésie. La proposition de Manon Parent est de charger 2 $ par année aux citoyens pour assurer le fonctionnement du refuge. Les conseils municipaux ont d'avoir le pouvoir d'imposer une telle taxe aux citoyens. Plusieurs villes le font déjà, notamment sur la Côte-Nord. Dans certaines municipalités, la taxe s'élève même jusqu'à 7,50 $ par citoyen. « Il ne s'agit pas de me payer un salaire mais bien d'absorber les frais de vétérinaire que j'assume déjà et les dépenses liées à l'entretien du bâtiment. Ultimement, avec le service d'adoption et de gardiennage que nous offririons au refuge en plus de nos activités de levée de fonds, nous pourrions être autonomes après quelques années d'activités. »

Par ailleurs, d'autres services seraient offerts par le biais du refuge. On parle notamment de zoothérapie auprès des aînés ainsi que de l'enseignement et de la sensibilisation dans les écoles.

Besoin criant

La petite Virgule cherche actuellement un foyer accueillant avec un famille d'adoption ayant beaucoup d'amour à donner.
Photo TC Media - Dominique Fortier

Pour Manon Parent, il faut voir le projet de refuge comme un service offert à la population. « Il y a une certaine incompréhension envers le refuge. Lorsque j'ai présenté mon idée, on m'a déjà comparé à Exploramer alors que notre mission est clairement très différente. Il y a actuellement un problème criant. Je reçois des dizaines d'appels et de messages par jour. Ça me prend des heures à faire mon épicerie car les gens ont tellement de cas à me présenter. Alors c'est faux de prétendre qu'il n'y a pas de problème. Sauf qu'il est peut être moins apparent pour certaines personnes puisque c'est notre famille qui gère ce problème à nos frais actuellement. »

De plus, l'arrivée imminente de l'hiver pose toujours un risque supplémentaire pour les animaux abandonnés. La maladie de Lyme est aussi en progression dans l'Est-du-Québec comme en témoigne quelques cas de chiens infectés au Bas-Saint-Laurent. Puisqu'il s'agit d'une maladie qui peut se transmettre à l'humain par le biais de tiques infectées, une prise en charge rapide des animaux est de mise.

Manon Parent souhaite maintenant que les élus municipaux se prononcent rapidement sur le projet de refuge. Elle croit que les citoyens peuvent l'appuyer en posant des questions à leurs élus et en leur manifestant leur volonté qu'un tel service soit offert en Haute-Gaspésie. « Nous commençons à être essoufflés. Il y a de plus en plus de demandes. Il y a des cas où nous arrivons à un endroit et on retrouve des dizaines de chats abandonnés. « C'est triste à voir. Ce sont des êtres vivants et être au courant de telles situations et de ne rien faire, c'est de la cruauté animale. »

 

Appuis solides

Le couple Manon Parent et Gaétan Savard jouit déjà de nombreux appuis comme en témoigne une pétition comptant 3 000 signatures amassées en seulement 10 jours.

De plus, bon nombre d'entreprises locales auraient déjà manifesté leur appui en proposant gracieusement du matériel et de l'équipement pour aider au fonctionnement du refuge.

Quelques chatons sont actuellement prêts à être adoptés. Les intéressées peuvent appeler Manon au 418 786-2808.

Parmi les pensionnaires de Manon se retrouve Chanelle qui a dû être amputée d'une patte en raison de l'état dans lequel elle a été secourue. Elle s'est bien adaptée à sa nouvelle vie et distribue allègrement les câlins.

©Photo TC Media - Dominique Fortier