Une secte catholique intégriste à Grosses-Roches ?

Joël Charest Joel.charest@tc.tc
Publié le 21 septembre 2016

Que feront les « Apôtres de l'Amour infini » de ce bâtiment commercial désaffecté à Grosses-Roches, près de Matane ?

©Photo TC Media – Joël Charest

ACQUISITION. Quelques années après avoir été expropriés par la municipalité de Brébeuf, dans les Laurentides, les « Apôtres de l'Amour infini » auraient fait l'acquisition d'un bâtiment commercial désaffecté dans la communauté de Grosses-Roches, près de Matane.

Situé à l'est de la municipalité, sur la route 132, le bâtiment abandonné ayant abrité une usine de transformation des produits de la mer puis de télécommunications serait désormais propriété des « Apôtres de l'Amour infini ». La secte aurait déboursé près de 300 000 $ pour en faire l'acquisition.

La communauté avait tenté, il y a quelques années, de s'implanter dans la municipalité de Brébeuf. Ils désiraient notamment y construire une imprimerie et une centrale hydroélectrique. Les autorités municipales s'étaient alors tournées vers le gouvernement du Québec pour obtenir de l'aide.

Le 10 septembre 2003, un décret gouvernemental autorisant l'expropriation est adopté. Un bras de fer juridique s'engage alors entre la municipalité et les Apôtres. Cette saga connaitra son dénouement en 2008 alors que la Cour Suprême refuse d'entendre cette cause et confirme leur expropriation.

Le pape autoproclamé Grégoire XVII baptisant un enfant.
Photo : Revue Magnificat, juin 1980

Catholiques intégristes

Dans l'ouvrage intitulé « La peur des sectes », de Jean Duhaime et Guy-Robert St-Arnaud, paru en 2001, le mouvement des Apôtres de l'Amour infini y est présenté comme étant le groupe de catholiques intégristes possédant le plus grand potentiel de danger de type « séculier » parmi ceux étudiés par les auteurs.

« Le groupe des Apôtres de l'Amour infini est certes, parmi les groupes que nous avons étudiés, celui qui a eu le plus de poursuites judiciaires intentées contre lui et ce, depuis la fin des années 1960. Les accusations sont en général toujours les mêmes, soit celles d'agressions sexuelles et physiques ainsi que de séquestrations, le plus souvent envers des enfants », peut-on lire.

Ce mouvement est né d'une rencontre, en 1961, entre Gaston Tremblay et Michel Collin. Collin étant un religieux qui dit avoir été mystiquement ordonné comme le nouveau pape Clément alors que Tremblay est un frère qui avait reçu, en 1952, la permission de l'église catholique de fonder une communauté religieuse basée sur la pauvreté et l'évangélisation. Le mouvement sera excommunié de l'Église catholique romaine en1962.

Au début des années 70, Gaston Tremblay reçoit, à son tour, une révélation privée lui annonçant qu'il est élevé au rang de pape. Il s'autoproclamera comme étant le pape Grégoire XVI jusqu'à sa mort en 2011.

Depuis la mort du « pape », le mouvement s'est montré discret. « Nous n'entendons plus vraiment parler de ce groupe depuis la mort de leur dirigeant. La question est de savoir ce qu'ils vont faire avec cette nouvelle acquisition », mentionne un responsable de l'organisme « Info-Sectes » à TC Media Nouvelles.

Selon nos informations, le groupe possèderait, d'ailleurs, une résidence dans la région depuis de nombreuses années.