La Haute-Gaspésie demande un statut d'exception pour freiner la dévitalisation


Publié le 14 février 2017

Les élus de la Haute-Gaspésie ont résolu à l'unanimité de demander aux deux paliers de gouvernement d'offrir un statut d'exception à la Haute-Gaspésie pour les dix prochaines années.

©Photo TC Media - Dominique Fortier

Afin de lutter contre la dévitalisation et la décroissance de la population, les élus de la Haute-Gaspésie demandent aux deux paliers de gouvernement d'octroyer un statut particulier à la MRC pour les dix prochaines années.

:«On n'a pas eu beaucoup d'annonces ces dernières années, lance le préfet, Allen Cormier. Nous sommes dus pour un bon coup de barre afin de faire avancer nos dossiers plus rapidement. »

Ce constat tombe quelques jours après la publication des nouvelles données de recensement qui confirment une décroissance de la population dans l'ensemble des municipalités de la MRC à l'exception de Mont-Louis. Dans le cas de Sainte-Anne-des-Monts, on constate une chute de 7,2 % de la population, soit la plus importante décroissance pour une municipalité québécoise de 5 000 habitants et plus.

Les élus de la Haute-Gaspésie dénoncent également l'austérité libérale des dernières années qui, selon eux, a contribué à freiner le développement économique de la MRC. L'abolition de la Conférence régionale des élus, les coupures au niveau du financement des instances locales de développement et la centralisation des soins de santé dont Optilab ont été données en exemple.

Le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Simon Deschênes abonde dans le même sens. « Nous sommes rendus à ce point-là. Malgré les efforts que nous faisons, nous avons besoin d'un coup de main pour accélérer notre développement. »

Demandes claires

Pour la MRC de la Haute-Gaspésie, la solution passe des interventions accrues des gouvernements du Québec et du Canada sur une période de dix ans afin de contrer la dévitalisation et la décroissance. On demande que les projets déposés soient traités plus rapidement, avec un préjugé favorable. On pense, entre autres, à l'implantation de nouvelles formations professionnelles, la mise à niveau de l'aéroport et une enveloppe financière récurrente pour Exploramer. « Depuis le jour où l'ex-ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, nous avait annoncé qu'on aurait droit à une nouvelle offre de formation professionnelle, il s'est écoulé deux ans sans que rien ne se passe », explique Allen Cormier.

D'autres exemples d'actions concrètes du gouvernement touchent la fiscalité pour les nouvelles entreprises, l'implantation de centres d'appels dans le secteur public, des crédits d'impôts pour le retour des jeunes diplômés dans la MRC, des bourses pour les nouveaux arrivants ainsi que le lancement de travaux routiers et de lutte à l'érosion des berges.

Rappelons que près de la moitié de la population de la Haute-Gaspésie est âgée de 55 ans et plus et qu'il y a davantage de décès que de naissances qui sont enregistrés chaque année. Le taux de chômage frise les 15 % et le solde migratoire est négatif. Le revenu moyen disponible par habitant se situe autour de 20 000 $ par année.