Tempêtes et fermeture de routes: les municipalités et les citoyens mal préparés selon la direction de la Sécurité publique


Publié le 13 février 2017

Le directeur régional de la Sécurité publique, Jacques Bélanger.

©Photo TC Media - Dominique Fortier

Une rencontre a finalement eu lieu avec les élus de la Haute-Gaspésie et les différentes directions régionales pour aborder la problématique de l'érosion des berges, l'état de la route 132 et réaliser un bilan des dernières tempêtes.

Les dernières tempêtes ont causé d'importants dommages à la route 132, provoquant notamment la fermeture de celle-ci pendant plusieurs jours. La municipalité de La Martre s'est d'ailleurs retrouvée isolée pendant la durée des travaux de réfection de la route, provoquant bien des maux de tête aux résidents.

Des intervenants des différents ministères étaient donc présents pour en parler, dont Jacques Bélanger à la direction régionale de la Sécurité publique. Ce dernier explique que la rencontre était plus axée sur la circulation d'information que la recherche de solutions. « Nous avons fait le point sur ce qui s'est passé, les lacunes qui ont été observées pendant les événements et nous avons regardé au niveau des municipalités, ce qui pourrait être apporté pour améliorer la situation dans l'avenir. »

Le préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier.
Photo TC Media - Dominique Fortier

Jacques Bélanger explique qu'un des rôles de la Sécurité publique sera d'accompagner les municipalités dans leurs plans de mesures d'urgence. Il a également rappelé aux citoyens qu'ils ont la responsabilité de se préparer dans l'éventualité où la route serait fermée. « Chaque personne doit avoir le nécessaire pour survivre pendant 72 heures, soit de l'eau et des denrées. » Finalement, lorsqu'interrogé s'il était normal que des citoyens aient eu à se déplacer en motoneige pour aller chercher des médicaments, Jacques Bélanger rejette la responsabilité dans la cour des municipalités en disant qu'elles n'avaient qu'à être mieux préparées, notamment en informant leurs citoyens des numéros à contacter. « Si les gens avaient su où appeler, on aurait pu leur livrer leurs médicaments avec les véhicules d'urgence. »

 Réactions des élus

Le préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier retient de la rencontre que 75 % des municipalités n'ont pas de plans d'urgences mises à jour et que la route 132 a besoin de travaux à onze endroits névralgiques. « On retient aussi qu'au niveau de la coordination, les ambulanciers et les pompiers ont obtenu l'information un peu sur le tard. Quant à la protection de la route, il a été question d'enrochement supplémentaire, de brise-lames ou de l'installation d'épis. Toutefois, le déplacement de la route ne semble pas envisageable puisqu'elle serait trop coûteuse. »

Le maire de La Martre, Yves Sohier.
Photo TC Media - Dominique Fortier

Quant au maire de La Martre, Yves Sohier, il affirme que la rencontre lui a permis d'être rassuré à un certain niveau mais ajoute du même souffle qu'il aurait apprécié avoir une route de contournement pour éviter que ses citoyens soient pris au piège advenant une autre fermeture de route. « Nous serons mieux préparés la prochaine fois. Malheureusement, la solution de la voie de contournement n'est pas sur la table. Et on doit se rappeler que la route a une durée de vie de 30 ans et celle-ci a 30 ans. »

Quant au maire de Cap-Chat, Judes Landry, il croit également que la communication a été déficiente pendant les tempêtes. « Il faudrait aussi faire des pratiques chaque année pour s'assurer que nos mesures d'urgence fonctionnent bien. »

Finalement, Christian Fraser de l'Université du Québec à Rimouski, était aussi présent lors de la rencontre puisque son équipe en géomorphologie a été mandatée par le gouvernement pour proposer des solutions concrètes au problème d'érosion des berges. « La problématique est connue depuis plus d'une trentaine d'années. Sauf que maintenant, on la vit chaque année. Peu à peu, la route se détériore, il y'a de la submersion ou un pont qui brise. Pour notre chantier, nous voulons interpeller tout le monde afin de présenter les meilleures solutions possibles. »

Une prochaine rencontre est prévue en avril avec les chercheurs de l'UQAR et les élus de la Haute-Gaspésie.