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Cap-Chat perd le bureau d'accueil de la SÉPAQ au profit de Sainte-Anne-des-Monts


Publié le 5 octobre 2017

Jérôme Landry, Dany Vézina et Judes Landry digèrent mal le déménagement du bureau d'accueil de l'Auberge de montagne des Chic-Chocs à Sainte-Anne-des-Monts.

©Photo TC Media - Dominique Fortier

Le bureau d'accueil de la Société des établissements de plein air du Québec  (SÉPAQ) servant principalement à faire la navette jusqu'à l'Auberge de montagne des Chic-Chocs quitte Cap-Chat pour s'installer à Sainte-Anne-des-Monts.

Depuis 2005, le bureau d'accueil était situé chez Valmont plein air, propriété de Jérôme Landry. La semaine dernière, la SÉPAQ informait Valmont plein air qu'à la suite d'un appel d'offres sur invitation, Hôtel et cie avait remporté la mise en étant le plus bas soumissionnaire. « C'est un non-sens, déplore Jérôme Landry. Les clients qui arrivent de l'ouest devront faire 60 km de plus aller-retour pour aller s'inscrire là-bas, prendre la navette et revenir à Cap-Chat pour se diriger à l'auberge. »

En plus du trajet rallongé, Jérôme Landry souligne l'empreinte écologique ainsi que les pertes considérables pour la municipalité. « Ce n'est pas seulement moi qui perd mais tous les commerces du village, incluant les gîtes et les garages puisque la SÉPAQ faisait réparer ses véhicules ici-même à Cap-Chat. »

Le propriétaire de Valmont plein air se questionne également sur les raisons qui ont poussé la SÉPAQ à changer ses critères d'admission. « En 2005, pour être admissible, on devait être à 5 km du pont de la rivière Cap-Chat. Maintenant, la norme est rendue à 16 km. Il y a également lieu de se questionner sur le choix des soumissionnaires. Comment la SÉPAQ a-t-elle décidé qui serait invité à soumissionner? »

Le maire mécontent

Dès le 1er décembre, le bureau d'accueil de l'Auberge de montagne sera chez Hôtel et cie.
Photo Gracieuseté

Le maire de Cap-Chat, Judes Landry, abonde dans le même sens que son commerçant. « À l'époque, quand on avait annoncé l'implantation de l'auberge des Chic-Chocs, c'était pour aider Cap-Chat. Maintenant, on demande aux clients de l'auberge de dépenser du gaz pour aller prendre une navette à Sainte-Anne-des-Monts. En plus, c'est ridicule puisque la SÉPAQ donne le bureau d'accueil à un établissement qui est compétition directe avec le gîte du Mont-Albert. »

Le propriétaire du gîte La maison entre mer et montagnes, Dany Vézina, appréhende une importante baisse de sa clientèle. « J'estime que je perdrai la moitié de mon chiffre d'affaires pendant la basse saison. »

Du côté d'Hôtel et cie, le propriétaire, Daniel Gasse, affirme qu'il a simplement répondu à un appel d'offres en toute bonne foi. « On avait une pièce qui nous rapportait peu qui était idéale pour accueillir les installations de la SÉPAQ. On a soumissionné sans l'intention de nuire à qui que ce soit. »

Réponse de la SÉPAQ

Du côté de la SÉPAQ, on confirme que les critères ont été modifiés de 5 km à 16 km afin d'avoir un plus grand choix de soumissionnaires. Toutefois, cette plus grande couverture a permis à seulement un établissement de Sainte-Anne-des-Monts de recevoir une invitation à soumissionner, les deux autres étant Valmont plein air et Petro-Canada Denis Francoeur. « En bon gestionnaire, la SÉPAQ a évalué le volet financier mais aussi qualitatif. Le choix s'est arrêté sur le soumissionnaire qui nous avait fourni le meilleur rapport qualité-prix », explique le porte-parole Simon Boivin.

 Par ailleurs, la SÉPAQ croit que les impacts sur la clientèle seront minimes, la distance de 15 km étant négligeable selon la direction. Par ailleurs, on indique que des navettes vers Sainte-Anne-des-Monts se faisaient déjà de façon régulière en raison des commerces qui s'y trouvent. « Nous voulons toutefois réitérer que nous n'abandonnons pas Cap-Chat puisque nous continuerons à dépenser 45 000 $ dans les différents commerces comme les garages, la pharmacie et l'épicerie », conclut Simon Boivin.