La FIQ dénonce l'abolition de deux postes d'infirmières à l'hôpital des Monts


Publié le 19 janvier 2017

La vice présidente de la FIQ, Linda Bouchard entournée des représentants locaux, Nancy Gaudreau et Alexandre Michaud.

©Photo TC Media - Dominique Fortier

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) dénonce l'abolition de deux postes d'infirmières à l'hôpital de Sainte-Anne-des-Monts.

Il s'agit de deux infirmières, l'une de soir et l'une de nuit, de l'équipe volante  qui oeuvraient principalement à l'étage multiclientèle. Selon le président du syndicat de la FIQ en Gaspésie, Alexandre Michaud, cette situation a pour effet d'augmenter les délais d'admission des patients qui débarquent à l'urgence ainsi que le temps d'attente pour les patients sur les étages qui demandent l'aide d'un soignant. « C'est très préoccupant. Depuis bientôt un an, on ne comble plus les postes vacants du côté du CISSS. »

Avec ces plus récents changements, l'hôpital des Monts applique la nouvelle consigne qui stipule que deux infirmières de nuit suffisent  pour 18 patients. « Ça fait deux fois que nous demandons une rencontre avec la directrice des soins infirmiers pour discuter de cette situation mais à chaque occasion, on nous réfère aux ressources humaines », ajoute Alexandre Michaud. D'ailleurs, plusieurs infirmières étaient dans la salle lors de la conférence de presse. Plusieurs d'entre elles ont partagé leur réalité quotidienne qu'elles qualifient de très difficile. « Il m'est arrivé de devoir intervenir seule en compagnie d'une préposée aux bénéficiaires auprès d'un client agité à l'unité de santé mentale puisque personne d'autre n'était disponible. C'est très peu sécuritaire, et pour le patient et pour nous », lance une infirmière.

Une autre professionnelle de la santé a déploré qu'il soit de plus en plus fréquent que les infirmières ne puissent pas intervenir lorsqu'un code blanc est lancé puisque leur présence est requise ailleurs. Une autre indique qu'il est pratiquement impossible de parler avec la directrice des soins infirmiers puisque celle-ci a toujours une crise à gérer à l'un ou l'autre des hôpitaux. Rappelons qu'auparavant, il y avait une directrice par établissement.

Le psychiatre, Jean Péloquin.
Photo TC Media - Dominique Fortier

Communication déficiente

Le cas du déménagement de l'unité de santé mentale vers l'étage multiclientèle a aussi été abordé. Une infirmière présente à la conférence de presse a déploré le manque de communication entre la direction et les employés. « Il n'est pas normal qu'on apprenne par les médias ou Facebook que des changements majeurs sont en cours dans notre hôpital. Et lorsqu'on daigne nous parler, ce n'est pas pour discuter mais pour nous imposer des décisions déjà prises. »

Quant à la vice-présidente provinciale de la FIQ, Linda Bouchard, elle a martelé qu'il s'agit d'une situation inacceptable qui doit être dénoncée. « Les réorganisations que nous voyons dans le milieu de la santé sont improvisées. Nos membres n'ont même plus les conditions de base pour respecter leur code de déontologie. Nous n'avons pas à faire les frais des décisions budgétaires des directions. »

Le Dr Jean Péloquin, psychiatre à l'hôpital des Monts, a résumé la pensée de bien des gens. « La population a des soins de qualité à Sainte-Anne-des-Monts. Au fil du temps, nous avons mis en place des équipes qui travaillent bien ensemble. Lorsqu'on touche à un seul élément de l'équilibre que nous avons en ce moment, on ébranle toute la structure. »

Les représentants syndicaux de la FIQ ont encouragé leurs membres à continuer de dénoncer toute situation qu'ils jugent inacceptables